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STEVEN TYLER

Journaliste Paul Dargan
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Légende du classic rock

De Walk This Way à Dream On en passant par I Don’t Want to Miss a Thing, Aerosmith a marqué soit l’adolescence des uns, l’enfance des autres, et les plus jeunes d’entre nous les ont écoutées à tue-tête en compagnie de leur père dans leur vieux F-150 défraîchi. Steven Tyler en a vu des vertes et des pas mûres et même avec ses 70 quelques bougies, il continue de donner un solide show. Rencontre avec une légende du classic rock.

Peut-être la chanson la plus célèbre, voire révolutionnaire, dans l’histoire d’Aerosmith, est Walk This Way. D’où cette idée de chanson venait-elle? On a été approchés par Rick Rubin, qui était le producteur de Run-DMC. Les membres du band et moi nous nous sommes regardés et nous avons dit : « Pourquoi pas? » Ça prenait deux jours et justement nous avions deux journées libres à l’horaire alors on s’est envolés pour New York. On a enregistré la toune pendant 24 heures.

Et quand la vidéo a-t-elle été tournée? Environ un mois avant que la chanson soit lancée; on était sur la route à ce moment-là. On ne savait même pas qu’on allait faire une vidéo et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a que Joe Perry et moi dans la vidéo, c’était très dernière minute. On a fait ça ainsi au lieu que les autres membres du groupe prennent un avion et nous un second et qu’on soit finalement en retard. Comme je disais, on était en plein milieu d’une tournée à ce moment-là.

Quelle est la chose la plus drôle qui soit arrivée pendant le tournage? En ce qui me concerne, ils ont volontairement fait un trou dans le mur d’environ 12 pouces de diamètre, peut-être moins. D’un côté du mur il y avait Run-DMC et de l’autre côté, Joe et sa femme, ma copine du moment et moi. Les gars de Run rappaient et j’étais censé défoncer le mur avec mon pied de micro dans le trou qu’ils avaient préparé, puis réparé et repeint pour rendre le mouvement du clip plus facile. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que les matériaux utilisés contenaient du plâtre. Quand ils ont peint, c’est devenu vraiment dur et le mur est redevenu comme neuf. Alors quand j’ai commencé à fesser dans le mur avec mon pied de micro, ça n’a rien fait et j’essayais de le transpercer de toutes mes forces. Ç’a pris environ 9 ou 10 reprises avant que je réussisse à le briser. Le clip a tellement bien fonctionné, les Blancs qui rentraient dans l’univers des Noirs comme s’ils disaient : « Laissez-nous rentrer », parce que dans le fond, on s’en cri*$%/ de la couleur quand on parle de musique. La chanson a aidé à faire tomber les murs qu’il y avait entre les Noirs et les Blancs dans la musique à cette époque et nous a totalement donné une autre carrière.

ON S’EN CRI*$%/ DE LA COULEUR QUAND ON PARLE DE MUSIQUE

Tu as déjà abordé le fait que tu as été intimidé à l’époque; tu as grandi dans le Bronx… Ça me fait toujours plaisir de parler de cette époque parce que ça peut servir d’exemple et donner de l’espoir à quiconque vit de l’intimidation. Aussi difficile qu’on puisse le croire lorsqu’on est jeune, ce qui te définit en tant que personne, c’est ce que tu ressens en dedans de toi et non ce que les gens peuvent penser de toi. J’ai eu quelques moments difficiles en grandissant parce que je n’étais pas du type conventionnel. J’étais physiquement différent des autres et j’agissais autrement aussi, mais plus je vieillissais et plus ces différences devenaient une raison de m’aimer et non de me détester. Et nous savons tous que, dans le fond, ceux qui intimident sont souvent des victimes qui intimident à leur tour. Quand tu saisis ça, tu comprends que c’est une perte de temps de t’en faire avec ces gens. C’est mieux de leur répondre sur le long terme… J’ai fait ça et n’importe qui peut le faire aussi.

Est-ce que ce qui s’est passé à ce moment te frustre encore? Non, les intimidateurs ne veulent rien dire pour moi, et même à l’époque je ne pensais pas à eux tant que ça. Je voulais juste rester le plus loin possible. Je n’en avais pas peur; ils n’étaient qu’une nuisance pour moi et ç’a duré un temps seulement.
[…]

Étais-tu un bon parti pour les femmes tu crois? Je voulais le rêve. Je savais que je pouvais avoir n’importe quoi tant que je l’imaginais. Je voulais une clôture en piquet de bois, un lac, tout ça. Quand j’ai amené ma première femme à cette maison, où je vis toujours aujourd’hui, c’était un mois de janvier extrêmement froid et je l’y ai emmenée en Jeep. Le lac était gelé, les lumières étaient fermées et la lune brillait dans le ciel. Je lui avais dit de fermer les yeux et quand j’ai allumé les lumières de la voiture, je lui ai dit : « Voici la maison. » Je l’ai mariée et on a eu Mia. Je les ai abandonnées. Je les ai laissées là dans cette maison et je n’en suis pas très fier. J’en parle énormément et je ne me suis toujours pas pardonné. Je suis réaliste. Je sais ce que j’ai fait, peu importe si j’étais sur la drogue ou non. Les gens m’ont dit que c’était « OK ». Je les entends, je comprends. Mais une partie de moi, mon cœur est toujours brisé de lui avoir fait subir ça. Je pense que c’est ce qui me fait le plus honte parce que celui que je suis aujourd’hui aurait tellement fait mieux que ça. Je suis parti en tournée et je suis resté là-bas; ça n’allait plus très bien avec sa mère et c’est comme si je m’étais dit : « Fuck off, je m’en fous. » Ce n’était tellement pas correct, et pourtant j’ai déjà pensé que c’était cool comme idée…

(Lire l’article complet dans l’édition #163 mai 2019 – www.boutiquesummum.com)

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