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Bands underground, modeste proposition (Partie 1)

Chroniqueur Jean-Sébastien Doré
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Existe-t-il une meilleure manière de se magasiner une claque derrière la tête que de proposer un palmarès des meilleurs ci et des meilleures ça? Vous avez votre propre avis concernant le top 10 des meilleures tounes des Stones ou celui des huit meilleures poutines au Québec, c’est entendu. Nos listes ne sont jamais autre chose que le début d’une discussion avec vous, estimés lecteurs! Écrivez-nous vos propositions, virez notre texte à l’envers, crachez dessus si ça vous fait du bien! Dans le meilleur des mondes, à la fin de mon petit texte, vous aurez découvert deux ou trois trucs et je vais être bien content…

Je vous propose aujourd’hui, terrain vaseux s’il en est un, une petite sélection de ce qui constitue, selon moi, des bands underground incontournables. UNDERGROUND, right? Pour qui? Pour le mélomane tranquille qui découvre des nouveaux trucs une fois de temps en temps ou pour le geek de musique, collectionneur impulsif d’éditions limitées importées du bout du monde? Ni l’un, ni l’autre. Vous me direz. Je me limite ici au rock, c’est le début d’une série, commençons par quelques évidences pour mettre la table.

The Velvet Underground

Choix conservateur peut-être, considérant la notoriété de la formation new-yorkaise, à l’origine d’ô combien de vocations, mais rendons aux Velvet Underground ce qui leur revient. La formation menée par le rayon de soleil Lou Reed a, en quatre petits albums – cinq si vous tenez à vous chicaner avec un puriste -, mis en lumière des pans entiers de l’expérience humaine généralement évacués de la culture pop. La drogue, le travail du sexe ou la religion, par exemple, se voyaient revêtir des oripeaux rock et expérimentaux garantis par la complémentarité de Reed et de John Cale, musicien gallois à la formation classique.

Man, c’est écrit Underground dans leur nom! Voilà, j’ai tamponné la case gratuite de la grille de bingo, l’effort peut maintenant grimper de 0 à 2 sur 10.

Pour ceux qui aiment : Reed ou Cale en solo, le Pop art, une certaine idée en noir et blanc de New York, généralement vendue encadrée chez IKEA pour agrémenter un demi-sous-sol.

The Sonics

Véritable dynamo qui ne décroche jamais – ils sont toujours actifs -, The Sonics, groupe formé en 1960, est la référence en termes de rock garage américain. Celui qui a interprété les versions que vous connaissez de vieux standards du genre, en plus d’offrir à entendre des compositions originales qui sentent la sueur et l’huile à moteur comme The Witch ou, bien sûr, Strychnine.

On les écoute généralement comme une simple évidence, ce qui est un avantage en soit, ça nous permet d’aller faire autre chose, la vie est courte. BOOM ! A Film About The Sonics, un documentaire sur leur carrière, vient tout juste de sortir, pour les curieux qui auraient une vie plus longue que la nôtre.

Pour ceux qui aiment : le punk rock des débuts, faire des burns en moto, être le dur à cuire de sa gang de geeks.

The 13th Floor Elevators

Il ne faut pas laisser les destins tragiques de ses trois piliers, Roky Erickson, Tommy Hall et Stacy Sutherland, accaparer notre intérêt pour les pionniers du rock psychédélique The 13th Floor Elevators, comme si le leg du groupe se limitait à sa valeur de repoussoir anti-drogue. Les Texans sont, tout d’abord, les premiers à avoir identifié leur musique comme étant psychédélique, ont lancé deux albums fondateurs du genre et un simple emblématique (You’re Gonna Miss Me), en plus de faire la part belle à l’instrument le plus rock qui soit, le pot électrique (electric jug).

Pour ceux qui aiment : The Black Angels, Spacemen 3, dire qu’ils ont déjà fait du buvard pour impressionner une date.

The Stooges

Parmi les quelques poqués immortels du rock qui se sont avérés réellement immortels – à ce jour -, nous retrouvons le toujours-en-bédaine et énergique crooner, Iggy Pop. Même s’il est un phénomène à lui seul, il ne faut pas oublier la formation qui a propulsé la légende : The Stooges. Entouré des frères Ron et Scott Asheton, Pop mijota dès la fin des années 60 un rock dangereux et éminemment sexuel dans un style qui fit tellement sentir son influence qu’on l’a par la suite baptisé proto-punk.

En trois albums, du premier éponyme réalisé par John Cale au troisième, Raw Power, réalisé par David Bowie, The Stooges ont mis en musique l’agression et la colère juvénile comme pas un avant ou depuis – incluant eux-mêmes, comme en témoignent leurs deux abominables albums-réunions.

Pour ceux qui aiment : les acouphènes, MC5, Rocket from the Tombs, l’exhibitionnisme par-delà les âges.

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