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ÉCHANGISME

Chroniqueur Nathacha Gilbert
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Le libertinage sous toutes ses formes

Le plus sincèrement du monde, je pensais que rédiger un reportage sur l’échangisme – pour apprendre par la suite qu’on préfère le terme libertinage lorsqu’on parle de ce type de pratique – allait être complexe. Trouver des clubs ou des bars où « ça se passe », c’est une chose. Convaincre des gens de me raconter leur histoire, c’en est une autre.

La question au sein de votre couple a peut-être germé lors de l’une de vos discussions d’oreiller : et si on échangeait avec un couple. Échanger des discussions, des rires et des blagues… puis la soirée s’enflamme et hop! Les vêtements se retrouvent rapidement au sol et les échanges de caresses et de plaisirs sexuels dominent. Si vous êtes curieux, je vous l’annonce tout de suite : le premier pas est déjà fait.

À Montréal, le club Entre nous 2 est le bar libertin le plus populaire de la province. Le plus populaire, soit, mais aussi le plus gros et le plus prisé, même en Amérique du Nord. Tous les soirs, les promotions promettent aux clients une soirée endiablée et les chambres se remplissent rapidement. Des chambres? Oui, il y a des chambres. Comme un hôtel.

L’établissement de deux étages propose donc un premier étage où vous et moi pourrions très bien aller prendre un verre. Mis à part, évidemment, le « cover charge » un peu plus dispendieux peut-être, on peut s’y rendre sans problème entre amis ou même avec son partenaire pour discuter, danser. Avoir du plaisir quoi! Au rez-de-chaussée, des chambres et des salles thématiques, de même qu’une piscine, un spa et un sauna, attendent leurs visiteurs. Il y a une trentaine de chambres et de suites que les intéressés peuvent louer à l’heure ou à la nuit. « Au rez-de-chaussée, par exemple, c’est l’étage plus coquin. Il y a la chambre des fantasmes qui compte six lits à l’intérieur et qui est incluse dans l’entrée des clients. Sinon, les chambres peuvent se louer en bloc de trois heures, sauf le weekend où les locations sont vraiment pour la nuit uniquement. Autrement, les gens qui ne veulent pas payer de chambre et qui sont voyeurs regarderont les gens baiser ensemble. Parfois, y’a des gens qui se joignent aux couples qui ont réservé une chambre. On est en train de construire une salle thématique BDSM, de plus », me raconte d’entrée de jeu le directeur administratif du club Entre nous 2, Ray Gagné. Œuvrant anciennement en marketing, ce dernier a joint l’entreprise il y a quelque temps et s’occupe notamment des soirées, des promotions, des évènements spéciaux, etc.

De ce que j’en comprends, les soirées peuvent être extrêmement festives au club. Surtout les soirées thématiques, costumées, etc. Les clients apprécient particulièrement les déguisements et mettent le paquet dans leur « kit »; d’ailleurs, ce genre d’évènements attire autant les échangistes que les non-échangistes. « Les gens aiment énormément les thématiques et la lingerie, ajoute-t-il. Nos soirées, par exemple, armée ou ‘’back to school’’, ce sont des veillées où on a des records d’assistance incroyables. Dans ce milieu-là, justement, tout le monde aime se créer des scénarios. Une journée tu es hôtesse de l’air, l’autre journée tu es étudiante et une autre tu es une femme dans l’armée… » Tous les fantasmes sont permis.

Les nuits de ce genre sont évidemment adorées par les libertins, comme on me l’a indiqué, mais aussi pour les non-échangistes. Selon les dires de Ray Gagné, il y a une bonne partie de la clientèle qui est loin d’être échangiste; ils s’y rendent pour avoir le droit de s’habiller extrêmement sexy, sans que personne ne les dérange ou ne les juge. « Une femme dans un bar qui serait vêtue de façon extrêmement sexy pourrait se faire traiter de tous les noms… alors qu’ici, c’est coutume comme habillement. »

(Lire l’article complet dans l’édition #162 mars/avril 2019 – www.boutiquesummum.com)

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