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Fabien Cloutier

Chroniqueur Nathacha Gilbert
Interviewé Fabien Cloutier
Crédit photo ComediHa!
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De passage au ComediHa! Fest le 17 août prochain

ON A L’IMPRESSION QUE FABIEN CLOUTIER EST PARTOUT – ET CE N’EST PEUT-ÊTRE PAS JUSTE UNE IMPRESSION. EN MÊME TEMPS, TOUT CE QU’IL TOUCHE EST SYNONYME DE SUCCÈS. CELUI QUI VIENT TOUT JUSTE DE TERMINER LES TOURNAGES POUR LA DEUXIÈME SAISON DE SA SÉRIE LÉO (CLUB ILLICO) SERA DE PASSAGE DANS LA CAPITALE-NATIONALE LE 17 AOÛT PROCHAIN POUR L’ANIMATION DE SON GALA AU COMEDIHA! FEST DE QUÉBEC.

Fabien, c’est vraiment un plaisir de te rencontrer! Parlons d’abord de ton gala qui s’en vient au ComediHa! Fest de Québec, le 17 août prochain. Deuxième année consécutive où tu animes, c’est très cool! Parle-moi un peu de ta première année, comment ç’a été, qu’est-ce qui t’a fait triper? Animer un gala, c’est l’occasion de créer du nouveau matériel et d’arriver avec du nouveau stock. Quand on l’a su, l’année passée, tout de suite on s’est dit : « Ok, de quoi on parle? Sur quoi on se questionne? Qu’est-ce qu’on fait? » J’ai deux partners dans l’écriture, Luc et Julien. Et, tout à coup, cette méthode-là, on se rend compte que ça marche, ça fonctionne. En commençant un peu d’avance, on a le temps d’oublier ce qu’on a fait et on replonge là-dedans 3-4 semaines après. C’est cette opportunité là de créer du matériel et de s’adresser à beaucoup de monde qui est trippante. Ça j’aime ça. Et c’est le fun à Québec.

Il doit y avoir une proximité entre le public et toi, en étant originaire de Sainte-Marie (Beauce), j’imagine qu’il y a peut-être une connexion naturelle… Oui et j’ai vécu longtemps ici, ça fait juste quatre ans que je suis parti. J’aime ça revenir; ça me donne l’occasion de profiter aussi. Je viens souvent en famille, ça nous fait comme une fin de semaine à Québec dans un décor idéal. Le lendemain du gala, tu es un peu plus plus smooth, faut dire que là, je me mets à profiter un peu plus de la ville. Mais c’est une opportunité extraordinaire de prendre la parole et de te questionner sur ce que tu vas dire.

Des fois, ça permet de passer un message… Oui, mais comme je dis souvent, ça te permet aussi de faire des jokes. Point. Il y a des gens qui m’ont découvert dans d’autres choses et ils se disent : « Ah, Fabien va sûrement nous faire réfléchir. » Oui, des fois. Mais, d’autres fois, non. Des fois, ça peut juste être drôle et c’est tout. On n’a pas besoin de deuxième ou de troisième degré. Mais, d’autres fois, tu prends un détour et tu obliges le spectateur à se questionner autrement. Dans un gala, comme tu as quatre numéros dans la soirée, j’en profite, je fais quatre stand-ups. Je ne monte pas de sketchs, je ne mets pas de gros costumes…

Tu ne mets pas de costume à paillettes où tu danses et où tu chantes des chansons? (Rires) Ben il y en a des très bons [artistes] qui font ça, mais ce n’est pas moi ça. À un moment, va peut-être falloir que je l’essaie. (Rires) On ne sait jamais! Mais je ne suis pas très comédie musicale.

Véro Cloutier, l’an prochain, c’est toi. Ouais, c’est ça! (Rires) Mais non, tu vois, je suis sûr qu’elle l’a très bien fait l’an dernier et je sais pertinemment qu’on n’est pas là pour les mêmes raisons. C’est ça qu’il y a d’extraordinaire dans un festival, c’est que tout ce beau monde-là est réuni. Ça permet d’avoir plusieurs types de numéros dans une même soirée et, souvent, ça amène les gens à se questionner peut-être sur des idées préconçues qu’ils avaient envers certains humoristes. Ça j’aime ça.

Dirais-tu que tu as une thématique pour ton gala cette année? On n’a pas donné de thématique ou de ligne directrice aux invités en disant : « Vous devez parler de ça. » Mais pour mes numéros, on s’est donné un angle. Par exemple, on aime parler de la montée de l’extrême dans la pensée, dans la façon d’argumenter, l’extrême dans les activités, etc. Il y a quelques années, t’sais, même les paquets de gommes sont devenus extrêmes. Ce n’était plus assez d’être à la cannelle, t’sais, fallait que ça goûte la garde-robe. C’est pu de la menthe, estie, ça brûle. (Rires) Ce sont des gommes qui auraient pu tuer nos grands-mères. Tu leur aurais donné ça en 1950, c’est sûr que le monde crachait ça et jetait ça aux poubelles. Là, on capote là-dessus. La même affaire pour le jogging. C’est rendu que, sur les réseaux sociaux, ils [les joggeurs] nous disent combien de kilomètres ils joggent. Là, ils ne font plus juste du jogging, ils courent, mais dans la bouette. Ils passent dans le feu. Je ne prône pas un retour à la normale, parce que, de toute façon, qu’est-ce que la normalité? Mais je trouve que, dans plusieurs affaires de nos vies, ça va trop loin. Comme dans les choses plus légères, dont la gomme.

Parle-moi de tes invités qui seront présents sur ton gala. Tu les as tous choisis personnellement ou? Oui, eh bien, il y a plusieurs que j’avais envie d’avoir sur mon gala et, en même temps, ça ne veut pas dire que tout le monde est disponible parce que, parfois, ils sont sur d’autres galas. Mais j’avais envie de me faire surprendre aussi. J’ai eu envie de faire confiance à l’équipe qui est en place. Je ne réclame pas tous les pouvoirs. (Rires)

On veut des noms! Boucar en est un. J’étais sur le gala de Jean-Michel Anctil l’an dernier avec lui et je lui ai dit que cette année, je le voulais sur mon gala. Kim Lizotte aussi. P-A Méthot, j’ai déjà été sur des galas avec P-A et je ne sais pas ce qui se passe avec lui, mais ça marche tout le temps. Avec le public de Québec, mais aussi de partout… Je l’ai vu rentrer sur scène et je me suis dit : « Wow, à quel point ce gars-là est chez eux. » (Rires) P-A, le monde l’aime au bout. MC Gilles, Louis T, Catherine Éthier. Catherine, c’est moi qui lui ai demandé. Elle fait ses chroniques à Gravel le matin (ICI Première) et je trouve qu’elle a un discours particulier, je sais qu’elle fait de plus en plus de scène et je trouvais ça le fun de lui offrir une place dans mon gala. Julien Corriveau, qui est aussi auteur sur le gala. Je le trouve ben drôle dans les affaires qu’il fait. Il va venir faire des tounes; je les ai entendues. C’est super. Il y a des petites ou des grosses surprises à travers tout ça.

Vas-tu ramener Magraine? Non! (Rires) Il y a quelqu’un, l’autre fois, qui m’envoie un courriel vraiment dur à comprendre. Je comprends le lendemain que c’était un gars chaud, t’sais. « On parlait de ton chien Magraine, moi, ma Pitchounette est décédée… » Je pense qu’il voulait acheter Magraine.

C’est le vrai nom de ton chien, sérieusement? J’ai pas de chien. C’était un chien emprunté! (Rires) Son propriétaire était un peu stiff, il allait lui donner à boire entre toutes les prises…

Ah non, il avait peur que Magraine se déshydrate! Il avait peur que Magraine ait soif… (Rires)

Mon chum et moi, on est ben fans des Infoman et des Bye Bye… Ils sont tous enregistrés et, chaque fois qu’on regarde cet Infoman là, on rit toujours autant à ce segment-là… C’était un méchant bon flash. Et c’est arrivé vraiment uniquement quelques semaines avant la fin de production. Ce n’est pas chaque année qu’il y a des numéros comme ça dans Infoman et, cette année-là, il y avait le sujet parfait pour ça. C’est un sujet sur lequel tout le monde est d’accord. Parfois, tu fais des jokes sur un sujet et il y aura toujours quelqu’un en désaccord. Mais dans toutes les sphères de la société, tout le monde s’est dit : « Voyons tabarnack, tenez-vous tranquille. C’est quoi l’ostie de problème? » Oui, la joke était bonne. Mais le prétexte était idéal. Je suis content de ce que j’ai fait, mais je sais que cette magie-là n’est pas toujours possible.

T’en fais-tu encore parler pas mal? Encore beaucoup oui. Regarde, on en parle-là. C’était une blague en plus qu’on faisait un peu avec les producteurs t’sais. « J’ai fait dégriffer Magraine. Je suis allé promener Magraine. Oh, Magraine est agressive de ces temps-ci. » On les sortait toutes! Et là, ils m’ont demandé si j’avais un numéro pour ça. Je leur ai dit de me laisser le temps de penser à de quoi… Je pense que j’ai lâché le téléphone, et je crois que ç’a pris 10 minutes. Une heure après, je leur envoyais une première version de texte et ils ont dit : « Oui. » J’ai eu quelques fois des choses comme ça qui me sont arrivées. C’est magique.

J’aimerais ça qu’on parle de Léo parce que je viens de remarquer ta casquette [Fabien porte une casquette Dubeau Gâteaux]. As-tu fait des produits dérivés ou cette casquette est le seul exemplaire existant? Non, ce n’est pas le seul exemplaire. On vient de finir de tourner la deuxième saison et c’était comme le cadeau de prod à l’équipe. Mais là, je pense que ça va créer de la demande un peu! On verra. Je ne suis pas fermé à ça et ça serait tant mieux aussi. Mais si je faisais des t-shirts, je voudrais des t-shirts de Bourdon Récupération… J’aime beaucoup le logo! (Rires) Peut-être avec celui de Walton aussi. On verra. Si on sent que ça fait plaisir…

C’est du bonbon cette série-là. Vous venez de terminer la deuxième saison… Je m’attends à ce que Léo ait un bébé là… Il y a un mariage en vue… Oui, mais sa blonde a un frère aux besoins particuliers t’sais. C’est un frère qui sera un enfant toute sa vie et ils en ont parlé beaucoup déjà. J’adore faire évoluer ces personnes-là.

Justement, Léo a évolué beaucoup dans la première saison. C’était voulu comme ça? Oui, c’était voulu. On n’aurait pas pu faire six émissions comme la première. Même là, les gens regardent la première émission et ils font un peu le saut. C’est important qu’on le voie ce moment-là [de sa vie] parce que je ne voulais pas qu’on pogne Léo à un moment où il est trop sage. Il ne faut pas oublier qu’il a des défauts, il faut qu’il se fâche trop vite encore, il faut que, des fois, il soit impoli, il ne faut pas qu’il soit trop parfait. À partir du moment où il sera trop parfait, il n’y aura plus d’histoire.

Avais-tu une inspiration particulière pour Léo… un cousin à toi, mettons? Ben c’est sûr que la série est inspirée de Scotstown et Cranbourne, mais j’ai l’impression qu’ils sont vraiment partout ces gars-là. J’ai eu beaucoup de message de femmes et d’hommes… Des gars qui m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient regardé la série et que ça les avait fait réfléchir parce qu’ils étaient rendus un peu « là ». Qu’ils avaient besoin de changer. Ils disaient que ça leur avait donné une tabarnack de claque. Ils me le disent comme ça, t’sais. Et les filles me disent qu’ils cherchent ce gars-là, qu’elles cherchent un gars comme Léo, avec un bon fond, qui est prêt à changer et à évoluer.

Ils disaient que ça leur avait donné une tabarnack de claque.

À quoi on peut s’attendre, donc, de la deuxième saison? En gros, dans la première, Léo voulait changer. Là, il s’est fait une blonde et ça va bien. Et il voudrait que ça reste comme ça. Mais, des fois, c’est la vie qui se charge de nous autres et le changement arrive de l’extérieur. Et quand on ne le cherche pas, c’est encore plus déstabilisant. Le travail, les amours, la famille, la santé. C’est un paquet d’affaires qui font que tu as l’impression que tu vogues sur une belle mer tranquille et que tu as atteint quelque chose et pow! Y’arrive quelque chose à côté qui vient bousculer ça. Cet aspect-là nous a intéressé beaucoup. On a commencé le montage, j’ai vu les deux premiers épisodes… et j’ai beau travaillé là-dessus, mais je trouve ça bon en tabarnack. (Rires) Y’a des scènes où je ne suis pas là. Dans la première saison, j’étais dans toutes les scènes. Là, je voulais qu’on voit les autres personnages évoluer aussi. Je les avais écrites, mais je ne les avais pas encore vues. Il y a aussi des épisodes « évènement », parce que ça en prend, t’sais.

As-tu fait partie de la recherche du casting? Oui, oui! Mais je ne suis pas le seul à décider évidemment.

C’est une distribution de feu, en tout cas! Tout le monde veut travailler dans la vie, mais il y en a aussi qui choisissent plus leurs projets. Et dans Léo, il y en a qui nous ont choisis. J’ai l’impression qu’avec Léo, toutes nos aspirations les plus folles ont toujours marché. Tout à coup, Anne [Dorval] est là, Marc [Labrèche] est là, Julien Poulin est là. C’est une belle marque de confiance… Comme acteur, c’est ma série, mais j’adore être dans les choses des autres et de ne pas être le numéro un. C’est le fun de venir faire un ou deux épisodes. Et il y a ça dans la deuxième saison aussi. On va connaître la belle-famille, d’autres gens de la famille de Léo, la gang des vainqueurs, ses vieux chums, on va avoir la chance de voir ce qu’ils ont d’autres dans le corps aussi; on a connu leur côté croche un peu, mais c’est peut-être des bons gars aussi.

On peut s’attendre à une diffusion quand? Aucune idée! On ne le sait pas encore.

Vous avez terminé aussi les tournages pour Boomerang, je crois. Oui, on a fini quelques jours avant qu’on commence Léo. Et je poursuis ceux des Pays d’en haut cet été. C’est ce qui me reste avant le gala.

Ça te fait vraiment un gros été occupé… Oui, j’ai un bon été. L’an dernier, j’avais réussi à prendre plus des vacances, mais là, cette année, ça va être cet automne. Je vais m’arrêter pour la peine et t’sais, je fais partie des privilégiés qui choisissent.

Oui, justement, je lisais une entrevue récemment où tu disais que tu avais dû choisir tes projets… Ouais pis c’est dur là! Des fois, ça te tente vraiment de faire tel ou tel projet, mais si tu acceptes, tu ne seras pas chez vous. À un moment donné, il y a assez de monde autour de nous autres. Moi, je veux me garder du temps pour ma famille et tous ceux qui disent qu’ils n’en ont pas assez gardé le regrettent. C’est un temps [de ma vie] où ce sont majoritairement des projets le fun et je dois dire non… Il ne faut pas juste travailler, je n’ai pas envie d’être ce père absent. C’est tout. […] Il y a aussi le fait que, parce que les gens ont l’impression de nous voir beaucoup, ils pensent qu’on travaille tout le temps. Mais je le répète souvent, j’ai pas mal plus de vacances que la majorité des gens en général.

Il y a la télé, il y a Léo qui est terminée qui sera prochainement à la télé également. Travailles-tu sur autre chose présentement? Ma pièce Pour réussir un poulet, on est en train de faire une BD avec. Je pense que ça va sortir en 2020. C’est le fun quand les projets ont une deuxième vie comme ça. C’est Paul Bordeleau qui fait les dessins. J’en vois des fois, et c’est super stimulant. C’est super le fun. Mais c’est sûr que je vais continuer à essayer des choses dans lesquelles on m’a moins vu.

Comme les galas aux numéros à paillettes… [Avec sarcasme] L’an prochain, c’est sûr que je n’anime pas un gala; je vais faire une comédie musicale.

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