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GÉNÉRATION SPÉCIAL NOËL

Chroniqueur Michel Bouchard
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Noël d’antan

AH! LE FAMEUX « NOËL D’ANTAN » QUI EST UTILISE A TOUT VENT LORSQUE VIENT LE TEMPS DES FETES. POUR CERTAINS, CELA SIGNIFIE LES ANNEES 30. POUR D’AUTRES, ON PARLE DES ANNEES 70 ET, POUR LES PLUS RECENTES GENERATIONS, LA REFERENCE REMONTE AUX ANNEES 90. DE QUOI AVAIT L’AIR LE TEMPS DES FETES DANS LES DERNIERES DECENNIES? FAISONS UN RETOUR EN ARRIERE POUR Y VOIR PLUS CLAIR!

Le sapin

Dans les années 70, le sapin était souvent naturel et le manque d’arrosage faisait en sorte qu’on retrouvait des épines jusqu’en septembre suivant. Des heures de plaisir.

En 1980, le sapin naturel est toujours le plus prisé, mais les gens ne prennent malheureusement pas suffisamment de temps pour le sélectionner.

Le sapin ne doit avoir qu’une seule couleur en 1990 et une seule teinte, pas plus. Ce qui donne des résultats qui prouvent hors de tout doute un manque flagrant de jugement.

Dans les années 2000, les arbres artificiels ont l’air de plus en plus réels et ils viennent souvent avec des lumières intégrées. La première année, c’est très bien, mais le mois de décembre suivant venu, ç’a moins de gueule… Et on ne l’appelle plus sapin de Noël, on dit plutôt arbre de vie ou arbre de célébration. En fait, n’importe quoi qui ne sonne pas trop comme Jésus, pour ne pas se mettre en froid avec quiconque.

Les boules

Dans les années 70, les boules de Noël étaient toutes faites de verre fragile. En fait, il était préférable de laisser un balai et un porte-poussière près du sapin pour ramasser la quantité effarante de micros morceaux de verre coupant provenant des boules cassées.

En 1980, on en avait plein son casque des boules qui cassent si tu les regardes trop longtemps, alors on a sorti les boules en plastique entourées de ficelle colorée. Juste en essayant de les sortir de leur boîte, les boules se démantibulaient. Quel bon investissement… NOT!

L’artisanat est malheureusement débarqué dans les chaumières en 1990. On a donc assisté à la déchéance de l’esprit de Noël sous le canevas et le Phentex. Quelle tristesse!

Dans les années 2000, l’avènement des magasins à 1 $ a fait en sorte que ces horreurs ont envahi les sapins. De quoi donner le goût de changer de religion pour ne plus jamais fêter Noël.

La crèche

Dans les années 70, la crèche prend plus de place que les cadeaux sous l’arbre. On y retrouve tous les personnages de la nativité : Jésus, sa mère, le beau-père qui pile sur son orgueil, un bœuf, un âne, des rois mages… C’est un party assez intime.

En 1980, on remarque que Bethléem semble avoir connu une haute croissance démographique. Y’a pas mal de monde à messe.

Plus le temps passe, plus on voit de cadeaux et moins on voit de ti-bonhommes en dessous de l’arbre en 1990.

Dans les années 2000… Y’est où le sapin?

Les lumières dans l’arbre

Dans les années 1970, les lumières installées dans les arbres avaient cette capacité à rester allumées même si une ampoule était manquante. De plus, elles éclairaient avec une superbe luminosité. Leur seul défaut : elles pouvaient sacrer le feu à la maison.

En 1980, on a trouvé une solution pour éviter que les familles voient leur maison flamber avec une déco de Noël en mettant sur le marché les miniampoules, aussi appelées « les tab*** de globes de marde ». Des heures de plaisir à trouver l’ampoule brûlée qui empêchait le set au complet d’allumer.

En 1990, on a ajouté un élément irritant incroyable aux jeux de lumières en intégrant un mini haut-parleur capable de jouer des musiques festives au son électro-merdique qui ferait grincer des dents un « mononcle » paqueté édenté.

Dans les années 2000, les lumières ne surchauffent plus, elles ne font pas de musique, elles sont sans danger et éclairent super bien! Leur seul défaut : il faut réhypothéquer la maison pour s’en procurer…

La bouffe

Dans les années 70, on assiste à la fin des repas traditionnels. À la place, on prépare des buffets avec une tonne de fromage Philadelphia et deux trucks de mayonnaise. Ça donnait des trucs douteux, mais saoul, qui s’en formalise? On pouvait aussi manger un gâteau aux fruits…

En 1980, la fondue chinoise est à l’honneur à table, accompagnée évidemment d’un excellent vin blanc de dépanneur ou d’un rouge douteux confectionné par un collègue européen. On pouvait aussi ressortir le gâteau aux fruits de la décennie précédente, comme encas…

C’est la raclette qui débarque dans nos traditions en 1990. Quel plaisir de sentir le steak trop cuit et les crevettes restées trop longtemps à température ambiante pendant des jours dans la maison! On pouvait également utiliser le gâteau aux fruits d’il y a 20 ans pour donner en cadeau à la tante qui s’est invitée à l’improviste.

Dans les années 2000, c’est le retour aux sources, le retour aux repas traditionnels, qu’on commande directement du traiteur, ajoutant quelques tapas… Ah oui! Et on se gargarise dans les sushis. On peut aussi utiliser le gâteau aux fruits que notre tante nous a légué à sa mort comme dessert, ça fait in.

Les jeux de société

Dans les années 70, le jeu de société qui faisait fureur était le fameux Twister, où les oncles aux mains longues en avaient pour leur argent!

En 1980, le jeu de société qui faisait fureur se nommait Quelques arpents de pièges, où le cousin érudit étalait toute sa culture générale pendant que le beau-frère inculte calait silencieusement sa bière.

Le jeu de société qui faisait fureur en 1990 était un grand oublié qui a fait le délice d’une génération : Atmosfear, qui venait d’ailleurs avec une cassette VHS!

Dans les années 2000, le jeu de société qui fait fureur est L’Osti de jeu, qui permet à toute la famille de dire des vulgarités en toute impunité!

Les chansons

Dans les années 70, la chanson la plus populaire du temps des Fêtes est C’est Noël, car il neige dans ma tête du trio Paul et Paul.

En 1980, les chansons les plus populaires du temps des Fêtes est Fa la la de Bundock et Le Temps d’une dinde de Michel Barrette.

Les chansons les plus populaires du temps des Fêtes en 1990 proviennent de l’album Noël, c’est l’amour du groupe kitsch le Boom Ding Band.

Dans les années 2000, le disque de Frédéric De Grandpré, Un Martini pour Noël, fracasse des records de vente. Oui, oui, vous avez bien lu.

Ciné-Cadeau

Qu’on remonte de 10, 20, 30 ou même 35 ans, Noël est synonyme de films pour enfants et rime avec Ciné-Cadeau. Au travers des Lucky Luke, Tintin et Astérix, la programmation de ce désormais classique des Fêtes change un peu au fil des ans, alors que certaines productions quittent l’horaire, comme les épouvantables Maîtres du temps ou Peter le chat sans queue et que d’autres intègrent l’écran, comme l’excellent Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou. Mais qu’on se le dise, cette tradition a maintenant traversé les générations.

(Article publié dans l’édition #152 décembre/janvier 2018 – www.boutiquesummum.com)

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