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JEUX OLYMPIQUES D’HIVER

Chroniqueur Michel Bouchard
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De bons et de moins bons souvenirs…

Comme vous le savez, 2018 était une année olympique et, l’hiver dernier, c’est à PyeongChang, en Corée du Sud, qu’ont eu lieu les 23e Jeux olympiques d’hiver. Les 7 sports, 15 disciplines et 102 épreuves se sont déroulés du 9 au 25 février. PyeongChang a été la ville retenue par le Comité international olympique (CIO) devant les villes d’Annecy (France) et de Munich (Allemagne). Rappelons qu’en 2014, Sotchi avait présenté l’évènement et c’est à Pékin qu’auront lieu les JO de 2022, alors que la ville deviendra la première à avoir présenté à la fois les jeux d’hiver et d’été (2008).

Question de se rappeler de bons souvenirs, voici quelques bons et moins bons coups survenus lors des JO au cours du dernier siècle.

L’historique

Si les Jeux olympiques d’été (les jeux modernes) sont organisés depuis 1896, ce n’est qu’à partir de 1924 que les jeux d’hiver sont apparus. C’est à Chamonix, en France, qu’ont été présentées les compétitions olympiques d’hiver pour la première fois. Seize pays étaient représentés et on y disputait autant d’épreuves. Près de 260 athlètes ont pris part à cette compétition internationale et une dizaine de milliers de spectateurs ont assisté aux épreuves. Pour le plaisir de comparer : il y a eu 2873 athlètes lors des jeux de Sotchi, en 2014.

Des jeux présentés à deux ans d’intervalle

Exceptionnellement, entre les jeux de 1992 à Albertville (France) et ceux de 1994 à Lillehammer (Norvège), il ne s’est écoulé que 24 mois. Si on a présenté les jeux avec aussi peu d’écart, c’est qu’on voulait que les jeux d’été et d’hiver ne surviennent plus au cours d’une même année, ce qui était auparavant le cas. La logique derrière l’idée est uniquement pécuniaire : les grands réseaux ne disposaient plus des budgets publicitaires pour fournir à la soif de billets verts du CIO.

Des jeux au même endroit

Seulement deux pays ont présenté plus d’une olympiade d’hiver, soit la Suisse, qui a tenu les JO à Saint-Moritz, en 1928 et en 1948, et les États-Unis, qui ont tenu les JO à Lake Placid, en 1932 et en 1980. Par ailleurs, ceux de 1940 et de 1944, autant ceux d’hiver que d’été, n’ont pas été présentés à cause de la Deuxième Guerre mondiale, mais ceux de 1936, qui ont eu lieu à Berlin (été) et à Garmisch-Partenkirchen (hiver), ont été tenus en Allemagne avec un certain Adolf Hitler à la tête du pays… L’important est de participer qu’ils disaient, n’est-ce pas?

L’escalade des droits de télévision

Dès l’arrivée de la télédiffusion, le CIO a saisi l’occasion de profiter de la manne. Ainsi, pour présenter les jeux chez nos voisins du Sud, on a payé un montant de 50 000 $ lors des jeux de 1960. On a frôlé le million de billets verts pour les droits de télé aux États-Unis en 1964, puis la vingtaine de millions $ en 1980. En 1988, à Calgary, la facture s’est élevée à 325 millions $, puis à 830 millions $ en 2006. On approche maintenant le milliard de dollars pour les jeux de PyeongChang. La démesure dans toute sa splendeur.

Des cérémonies… différentes

Aujourd’hui, les cérémonies d’ouvertures des Jeux olympiques sont hautes en couleur. Le spectacle est grandiose et on y présente les délégations d’athlètes de chacun des pays avec des feux d’artifice et des chorégraphies incroyables. Ça n’a pas été toujours le cas. Par exemple, en 1924, lors des premiers jeux d’hiver à Chamonix, en France, les athlètes défilaient dans la rue devant le regard de quelques curieux…

D’un côté, le fait qu’il y ait quelques centaines de millions de spectateurs de plus revêt un côté parfois négatif, comme lorsqu’on se plante en pleine face devant le regard du monde entier, comme l’a fait un type de la délégation autrichienne à Sotchi.

Les petits fails d’uniforme des Jeux olympiques

Christopher Spring est un bobeur né en Australie qui avait du talent en athlétisme et qui a du coup mérité aisément sa citoyenneté canadienne pour faire partie de l’équipe olympique de bobsleigh (le hasard fait bien les choses). La veille de la compétition à Sotchi, Spring a décidé d’essayer son uniforme. C’était une bonne idée, parce que s’il avait attendu au lendemain, sur la piste, on aurait eu droit à une véritable catastrophe.

On craque pour Gillian Cooke

Disons les choses telles qu’elles sont : on s’en tape pas mal du bobsleigh en général dans la vie de tous les jours – même dans la vie tout court –, mais lorsque des trucs drôles surviennent, on a le droit d’y jeter un œil. La pauvre Gillian Cooke n’a pas eu la même idée que Christopher Spring et ce n’est pas dans sa chambre d’hôtel que son uniforme a lâché, c’est en direct à la télé, alors que sa contrepartie a été exposée au grand jour dans une compétition où elle testait son équipement en vue des Olympiques.

Olga se dévoile

Olga Graf est une patineuse de vitesse russe qui s’est emparée du bronze au 3000 mètres à Sotchi. Au terme de sa course, elle a descendu la fermeture éclair de sa combinaison jusqu’au nombril, comme elle en avait l’habitude à la fin d’une compétition. Le seul problème, c’est que cette fois, Graf ne portait rien sous son uniforme. L’athlète est demeurée comme ça un bon moment sur la patinoire avant d’allumer qu’elle avait le milieu de la poitrine au vent.

Des pantalons taille TRÈS basse

On le sait, les adeptes des sports extrêmes affectionnent les pantalons à taille basse, mais en compétition olympique, ce n’est peut-être pas l’accoutrement idéal. Dans la ronde des qualifications pour l’épreuve de ski slopestyle à Sotchi, le Suédois Henrik Harlaut a eu quelques difficultés avec son pantalon, donnant ainsi une définition alternative au mot descente…

Le curling : un sport coloré!

Qui aurait pu croire que le curling pouvait être un sport qui permet d’en voir de toutes les couleurs? Il semble bien que la personne ayant fait le design de l’uniforme des Norvégiens était quelqu’un de plutôt original et excentrique. On peut dire que leurs pantalons ont volé le show et le coup de marketing a été fumant : ils ont fait les manchettes de chaque bulletin sportif.

Des athlètes très particuliers

Hubertus von Hohenlohe, qui porte aussi le titre de prince Hubertus von Hohenlohe-Langenburg, est un skieur alpin mexico-austro-germano-espagnol qui a pris part aux jeux de 1984, à Sarajevo, de 1988, à Calgary, de 1992, à Albertville, de 1994, à Lillehammer, de 2010, à Vancouver et de 2014, à Sotchi (à l’âge de 55 ans). S’il a la nationalité mexicaine et qu’il peut skier pour ce pays, c’est qu’il est né au Mexique pendant que ses riches parents étaient en voyage. Profitant de sa fortune, il crée la Fédération de ski mexicaine, dont il est le seul athlète, et a comme autre passion de jouer les chanteurs populaires; un vrai excentrique. Il a toutefois mérité le 36e rang en 1992…

Le stratège venu d’Australie

En Australie, la neige et la glace se font rares, il va sans dire, ce qui n’a pas empêché un athlète du nom de Steven Bradbury de devenir une fierté nationale en méritant une médaille d’or en patinage de vitesse lors des jeux de 2002, à Salt Lake City. En principe, Bradbury n’avait pas les qualités athlétiques pour battre ses adversaires, il a donc utilisé une stratégie qui avait bien peu de chances de réussir. Il a attendu derrière en espérant des chutes des autres patineurs de sa vague. La foudre est tombée plusieurs fois au même endroit : les chutes de ses adversaires lui ont permis de passer les rondes quarts de finale et demi-finale et, comble de bonheur pour lui, les favoris de la finale ont également subi le même sort, permettant ainsi à Bradbury de monter sur le haut du podium.

Les tricheuses de l’Allemagne de l’Est

C’est bien connu, l’Allemagne de l’Est était une nation reconnue pour ses méthodes de tricherie peu subtiles lors de compétitions olympiques. Suffit de penser aux nageuses barbues des années 70 et 80. Or, c’est d’une tout autre manière que la lugeuse Ortun Enderlein a utilisé une tactique illégale pour remporter la médaille d’or. Ses deux coéquipières et elle avaient l’habitude d’arriver à la dernière seconde pour leurs compétitions et pour quitter promptement à la suite de leurs descentes. On a finalement découvert que les athlètes trichaient en chauffant les lames de glisse de leurs luges, ce qui était illégal. Elles ont donc été dépouillées de leurs médailles remportées à Grenoble en 1968, ce qui était très rare à l’époque.

Eddie The Eagle

Michael Edwards est un athlète britannique qui s’est spécialisé dans le saut à ski puisqu’il était le seul à le faire au sein de sa nation, ce qui lui ouvrait donc la porte vers les JO. C’est ainsi que le coloré Eddie The Eagle est devenu le premier athlète olympique britannique en saut à ski (1988 à Calgary). Non seulement Edwards est trop gros par rapport aux standards des meilleurs de ce sport, mais il manque de fonds pour s’entraîner. Aux jeux, il termine dernier, son échec est retentissant, sa performance force même le CIO à implanter un règlement qui sera surnommé « le règlement Eddie The Eagle » afin d’établir des standards qui empêchent les athlètes ne possédant pas les qualités requises à prendre part aux compétitions. Souffrant d’un trouble de la vue, Edwards portait en permanence des lunettes qui lui ont mérité le surnom de Mister Magoo… Il est devenu une célébrité de par le monde!

(Article publié dans l’édition ##153 février 2018 – www.boutiquesummum.com)

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