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LA SMART CITY : La ville intelligente de demain

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Concept encore émergent, la smart city cristallise en elle toutes les innovations actuelles, aussi bien en ce qui concerne les transports, les bâtiments, l’Internet haute puissance ou l’impression 3D. La ville du futur promet d’être incroyable. 

Les statisticiens prévoient une augmentation extrêmement importante du nombre de citadins d’ici 2050, avec près de huit milliards de personnes qui vivront dans les grandes mégapoles. Face à une telle explosion des populations urbaines, et pour répondre aux défis du changement climatique, un nouveau modèle urbain est en train de prendre forme depuis quelques années : la smart city. Une ville futuriste, entièrement connectée à Internet et écologique, qui porte en elle la promesse d’une révolution sans précédent de nos modes de vie.

Smart buildings et fermes urbaines

Brique de base de la smart city, le smart building sera l’immeuble de demain : intelligent, connecté, écoresponsable. Une nouvelle génération de buildings capables de connaître les habitudes de leurs habitants, de générer leur propre énergie grâce à de vastes panneaux solaires et même de s’adapter aux conditions climatiques extérieures grâce à des capteurs reliés à Internet qui analyseront en temps réel le temps qu’il fait. Couverts de panneaux solaires, ils seront en mesure de générer leur propre énergie ou même de capturer la lumière du soleil pour éclairer un appartement grâce à des fibres optiques reliées à des lampes, comme le développe actuellement la start-up française Echy. Ces smart buildings existent déjà dans leur version expérimentale. C’est le cas du bâtiment révolutionnaire The Edge, à Amsterdam, considéré comme le premier d’entre eux. Ce bâtiment du futur connaît votre marque de café préférée et vos goûts musicaux. Autonome en énergie, son empreinte carbone est très basse. The Edge synthétise les deux promesses de la smart city : une ville intelligente et écoresponsable. Dans l’avenir et grâce à son intelligence artificielle, il se mettra à votre service 24/24 h, pourra vous commander un taxi, organiser vos prochaines vacances, inviter vos amis à une soirée que vous organisez, appeler un médecin si vous êtes malade.

Cette hyperconnectivité des bâtiments, qui pourront tous communiquer entre eux par Internet, recèle une innovation supplémentaire : la smart grid. Une « grille intelligente » qui pilotera en permanence les consommations d’énergie d’un quartier. Si un bâtiment n’a pas stocké suffisamment d’électricité avec ses panneaux solaires, un bâtiment voisin pourra lui en fournir. L’autonomie énergétique est un élément clef des smart cities.

L’architecture des villes de demain sera encore plus surprenante. Face au défi que représente le changement climatique, la végétalisation des façades sera la norme. Les immeubles pourront accueillir des mini-forêts sur leurs parois, comme c’est déjà le cas avec les projets de l’architecte italien Stefano Boeri à Milan (Italie), à Lausanne (Suisse) ou à Shijiazhuang (Chine), permettant ainsi de réguler de façon naturelle la température des appartements tout en dépolluant le dioxyde de carbone présent dans l’air. D’autre part, le phénomène de l’agriculture urbaine est appelé à prendre de plus en plus d’importance. En Europe, en Amérique et en Asie, les fermes urbaines poussent déjà dans les centres-villes. Ces grandes structures verticales permettent, sur plusieurs étages, de pratiquer la culture hydroponique intensive de légumes et de fruits. Les agronomes estiment que les fermes urbaines pourront couvrir 10 % des besoins alimentaires des citadins dans les prochaines années.

Nouvelle mobilité, véhicules aériens et autonomes

Pour remédier aux problèmes de circulation dans les grands centres urbains, qui ne pourront que devenir plus complexes dans l’avenir, la solution va nous venir d’en haut. Voitures volantes et taxi-drones feront progressivement leur apparition au-dessus de nos têtes dans les 10 prochaines années pour fluidifier le trafic automobile. Ainsi, l’avionneur européen Airbus planche sur un modèle de taxi aérien baptisé Vahana, qui devrait effectuer ses premiers vols dès 2020. Plus proche du drone XXL que de la voiture volante façon Blade Runner, ce sera un appareil octoptère doté de huit hélices et pouvant décoller à la verticale grâce à quatre rotors orientables. Grâce à sa motorisation électrique, son empreinte carbone sera très basse. Son constructeur a misé sur un appareil autonome, dont la conduite est calquée sur les systèmes de pilotage automatique qui équipent depuis longtemps les longs courriers et qui pourra transporter un seul et unique passager. Si Vahana passera ses premiers tests en conditions réelles cette année, Airbus a cependant encore du pain sur la planche pour perfectionner son prototype. En effet, pour l’instant, ce taxi nouvelle génération ne peut pas voler plus de 20 minutes et se limite donc à des courses « intra-muros » sur de petites distances. En outre, il doit être rechargé entre deux trajets.

Pour aller encore plus loin, Airbus a déjà dans ses cartons une seconde version de son drone, adaptée cette fois aux transports en commun. Ainsi, CityAirbus, qui utilise le même mode de pilotage et la même motorisation que Vahana, pourra transporter entre quatre et six passagers au-dessus de nos villes en 2025. Le constructeur européen n’est toutefois pas le seul candidat sur la ligne de départ, même si c’est celui qui a pour le moment dans son escarcelle les projets les plus aboutis. Récemment, le géant américain du VTC Uber a annoncé un partenariat inédit avec la Nasa pour mettre au point des taxis volants, avec des premiers vols prévus en 2020. L’agence spatiale américaine aura pour mission d’épauler Uber dans le développement d’un système de contrôle du trafic aérien à basse altitude.

Quant à la voiture volante, elle sera également un élément important de la nouvelle mobilité des smart cities. Ces dernières années, plusieurs prototypes technologiquement au point ont déjà passé les phases de test et sont sur le point d’être commercialisés, comme le véhicule futuriste TF-X, développé par la société américaine Terrafugia, ou encore l’avion/voiture Aeromobil, conçu par la firme du même nom. Toutes ces innovations devront cependant s’adapter pour pouvoir circuler en toute sécurité dans les airs. Dans les villes de demain, la conduite autonome sera la règle et la circulation quotidienne de milliers de véhicules sera coordonnée par une intelligence artificielle. Pour l’instant, la voiture volante privilégie des systèmes de pilotage classique, mais des versions autonomes sont déjà en cours de développement.

Toutes ces technologies sont au point et en phase de tests. Même si elles méritent encore d’être améliorées, notamment en ce qui concerne leur autonomie, elles sont déjà positionnées sur leur rampe de lancement. Il y a peu de temps, Airbus a par ailleurs indiqué sa volonté de changer d’échelle dans les prochaines années en développant des technologies de motorisation électrique beaucoup plus puissantes, permettant de construire des drones géants de la taille d’un Airbus A320, qui feraient rentrer dans la science-fiction le transport aérien en ville. En toute logique, nous devrions en tout cas pouvoir, d’ici quelques années, nous déplacer dans les airs pour nous rendre à un rendez-vous. Ce qui est aujourd’hui un luxe réservé à une petite élite – rappelons que la location d’un hélicoptère pour un seul trajet peut coûter jusqu’à plusieurs fois le salaire moyen – est appelé à devenir un transport de masse.

Dans les villes de demain connectées et intelligentes au sein desquelles la voiture autonome roulera déjà depuis quelque temps, la circulation terrestre ne sera pas mise de côté. Et certaines initiatives révolutionnaires redéfinissent radicalement le transport sur route. Ainsi, l’ingénieur russe Dahir Semenov a trouvé une solution originale pour fluidifier le trafic dans les grandes villes de demain avec un véhicule gyroscopique surélevé pour remplacer les bus, les camions de livraison, les ambulances et les véhicules de pompiers. En se déplaçant à la façon d’une toupie en équilibre permanent au-dessus du sol guidé par un rail de circulation, ce véhicule futuriste glisse à travers la ville au-dessus des voitures. Il peut embarquer un grand nombre de passagers et sa plateforme surélevée lui permet d’éviter les bouchons en « enjambant » le trafic automobile. Modulable, il peut s’élever dans les airs jusqu’aux étages supérieurs d’un immeuble pour permettre aux pompiers ou à des unités de secours d’intervenir plus facilement en cas d’incendie ou d’accident.

Impression 3D et nouvelles habitudes de consommation

L’industrie des services va également se transformer en profondeur. Dans une ville où une connexion internet surpuissante sera partout, où immeubles et véhicules seront connectés entre eux, toutes les expériences de notre quotidien vont changer radicalement. L’impression 3D fera son entrée dans nos maisons, transformant radicalement nos habitudes de consommation. Reliées à Internet, les imprimantes pourront matérialiser nos achats effectués en ligne sans que nous ayons à nous déplacer dans un supermarché. Même notre façon de cuisiner va changer. À Londres, le restaurant nomade Food Ink propose, depuis l’année dernière, des repas gastronomiques entièrement imprimés, servis dans des assiettes et des couverts eux-mêmes imprimés. À la clef de cette nouvelle façon de cuisiner, la possibilité de personnaliser les plats, de leur donner la forme exacte que l’on souhaite, le goût parfait, et un dosage au millimètre près des calories. L’impression 3D porte en elle un nouveau paradigme, celui d’une consommation de masse à la carte, personnalisable et façonnable en fonction des envies et des besoins de chacun.

Avec l’hyperconnectivité des villes de demain, c’est également nos moyens de paiement qui vont connaître une véritable révolution. Grâce à l’intelligence artificielle, il est possible aujourd’hui de payer avec son visage. La technologie « Pay with your face », actuellement testée en Chine par des enseignes comme KFC, remisera aux oubliettes nos cartes de crédit et nos bons vieux billets de banque. Grâce aux progrès des technologies de reconnaissance faciale, il est aujourd’hui possible de s’assurer à 100 % que la personne qui est sur le point de faire un achat est bien vous. La machine passe au crible plus de 80 points précis parmi lesquels la forme des yeux, la taille du nez, de la bouche, des pommettes, des lèvres, des sourcils… Pas de carte à dégainer, votre compte est débité lorsque l’authentification est faite. Une trace du paiement apparaît sur votre téléphone intelligent. Rapide et efficace, l’opération prend à peine quelques secondes. Le paiement 100 % biométrique offre une sécurité absolue : on pourra toujours pirater votre carte de crédit, falsifier vos chèques, voler votre cash; ce ne sera pas possible avec votre visage.

Amazon a d’ailleurs récemment testé un système similaire en se basant sur la reconnaissance du téléphone intelligent pour identifier un client. Dans la smart city, payer un achat se fera naturellement, sans que nous ayons à faire quoi que ce soit.

 

(Article publié dans l’édition #153 février 2018 – www.boutiquesummum.com)

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