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LES ARMES DU FUTUR

Chroniqueur Arnaud Pagès
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Surpuissantes, hyper technologiques, capables d’atteindre des cibles très éloignées, de transpercer tous types de blindages ou de paralyser complètement une armée ennemie, dopées à l’intelligence artificielle ou à l’électromagnétisme, les armes du futur vont modifier en profondeur la façon dont on fait la guerre. Leur apparition sur les champs de bataille n’est qu’une question de temps.

La bombe électromagnétique

Même si sa technologie est déjà au point, la bombe électromagnétique n’est pas encore utilisée par les militaires. Fort heureusement. Mais les choses risquent de changer. Sa promesse? Un retour direct au Moyen Âge. Cette bombe a en effet la capacité de neutraliser tous les systèmes électriques : télécommunications, réseaux de transport, réseaux de distribution d’énergie… Sans électricité, les patients dans les hôpitaux mourraient faute de pouvoir recevoir des soins et Internet serait débranché pour de bon. Impossible de communiquer pour organiser une riposte. D’autant plus que l’armée elle-même serait paralysée. Ce serait le chaos. Plus nos sociétés seront dépendantes de la technologie, plus la menace de la bombe électromagnétique sera forte. Elle pourrait devenir une arme de destruction massive capable de neutraliser un pays entier.

Le nuage de drones tueurs

Dans l’avenir, les drones de guerre seront miniaturisés, ayant la taille d’un gros insecte, et capables de voler en essaim tout en coordonnant leurs actions grâce à l’intelligence artificielle. Ces robots seront en mesure d’attaquer des cibles et de les détruire en les perforant de la même façon que le fait une balle. Rien ne pourra les arrêter. Les attaques pourront être téléguidées depuis des postes de commandement situés à des milliers de kilomètres de la cible à atteindre. Imaginez un nuage d’un million de drones tueurs fondant sur un char d’assaut. Aucun système de défense ne sera en mesure de leur résister, ce qui en fait une des armes les plus meurtrières du futur.

Les armes à énergie dirigée

C’est une des grandes tendances du moment. Les armes à énergie dirigée fonctionnent en bombardant un adversaire avec un faisceau d’ondes, que ce soit des ondes sonores ou des micro-ondes. Elles sont aujourd’hui conçues pour servir principalement à neutraliser un ennemi sans le tuer, mais peuvent tout à fait être mortelles. Parmi elles, les armes à plasma s’avèrent particulièrement redoutables. Elles fonctionnent en utilisant des projectiles à énergie pulsée sous la forme de décharges électromagnétiques qui, lorsqu’elles touchent une cible, font fondre sa surface et génèrent une explosion. Le choc sonore neutralise la cible tandis que l’impulsion électromagnétique cause de graves douleurs et des lésions profondes. Développées dans une version létale, grâce au projet Pulsed Impulsive Kill Laser, elles pourraient devenir un système d’armes dévastateur permettant de paralyser et d’anéantir à distance des régiments entiers avant même leur arrivée sur le champ de bataille.

Le canon électrique

Plus connu sous le nom de railgun, et récemment testé par l’armée chinoise, le canon électrique est une arme dont les projectiles sont accélérés par une force électromagnétique, ce qui lui confère une vitesse et une puissance incomparables. Le canon électrique peut propulser des obus à la vitesse de Mach 10 et avec une cadence largement supérieure aux armes conventionnelles, en expulsant un projectile toutes les secondes. Grâce à l’accélération électromagnétique, il peut atteindre des cibles en mouvement, distantes de plusieurs dizaines de kilomètres, en noyant littéralement son adversaire sous les bombes. C’est une réinvention de la mitrailleuse, à plus grande échelle, et avec un pouvoir de destruction très largement augmenté.

Le canon laser

Le canon laser est l’arme du futur par excellence. Testé par l’armée américaine en 2017, le dispositif LaWS (Laser Weapon System) fait directement entrer les soldats dans la science-fiction. LaWS est capable de tirer à la vitesse de la lumière, avec une vitesse 50 000 fois plus élevée que celle d’un missile balistique intercontinental, tout en étant plus précis qu’une balle. Et plus aucun problème de distance. Le laser, contrairement à un projectile classique, peut détruire une cible située à des milliers de kilomètres en envoyant sur elle une quantité massive de photons. Son pouvoir de destruction est supérieur à tout ce qu’on connaît. À terme, LaWS pourrait équiper les hélicoptères de combat, les navires de guerre et les troupes au sol.

Les robots de combat

Les robots de combat sont en train de faire leur apparition dans l’arsenal de l’armée américaine et il va falloir bientôt compter avec eux sur les différents théâtres d’opérations. Le robot tactique Dogo, conçu par General Robotics Ltd, est équipé d’un pistolet Glock 9 mm et est déjà utilisé par les forces spéciales. De son côté, la société Israël Aerospace Industries a conçu RoBattle, un mini-tank autonome de combat tout-terrain. Tout à fait opérationnel, RoBattle est équipé d’un système de navigation, d’un dispositif de cartographie, d’un radar et d’un écosystème d’armes actionnables à distance. Enfin, le robot MAARS (Modular Advanced Armed Robotic System), équipé d’une mitrailleuse M240 et conçu principalement pour les patrouilles et la détection de cibles, pourrait bientôt intégrer le 3e bataillon de Marines à des fins expérimentales. Les armées devront compter sur ces nouvelles armes autonomes dans l’avenir.

Le soldat augmenté

Avec toutes ces innovations dans l’art de la guerre, s’il reste des humains sur les champs de bataille, ceux-ci pourront se protéger grâce à une armure high-tech qui les rendra quasiment indestructibles. Mise au point par la société russe Rostec, la combinaison de haute technologie Ratnik 3 possède des qualités impressionnantes : résistante aux balles et au feu, à la radioactivité, au froid extrême et aux températures très élevées, elle est équipée d’un système de communication, d’un scanneur thermique, d’un lance-grenade et d’une mitrailleuse, le tout automatisé pour être entièrement au service du combattant. De son côté, l’armée américaine développe l’exosquelette Talos (Tactical Assault Light Operator Suit), une armure de combat qui permet à un soldat d’être plus rapide, plus fort et plus endurant. Elle intègre une technologie de protection qui fonctionne grâce à un liquide spécial qui se solidifie instantanément lors d’un impact, comme celui d’une balle par exemple. Talos est capable d’arrêter n’importe quel projectile. L’ère des supersoldats va bientôt commencer.

Le sabre laser

Oui, vous avez bien lu! L’arme emblématique des chevaliers Jedi pourrait faire partie de l’armement des soldats dans le futur. En fait, il est déjà possible de construire un sabre laser opérationnel – et donc mortel – en emboîtant entre eux des nanotubes de céramique, les mêmes qui équipent les navettes spatiales américaines, et de faire passer au travers, depuis la poignée, un rayon laser. Petit problème néanmoins, la lame laser chauffe jusqu’à 27 000 °C, et l’air autour de vous, ainsi que la poignée, montent à 1000 °C. Mais à cette température, la lame peut trancher instantanément n’importe quoi : titane, acier, béton… Ce qui en fait une arme au pouvoir de destruction impressionnant.

Les virus-chimères

Les virus-chimères pourraient être dans l’avenir l’arme bactériologique ultime. Ce sont des micro-organismes hybrides conçus en laboratoire, en mélangeant plusieurs fragments d’acide nucléique comme de l’Arn ou de l’Adn. Ce sont des super-virus qui compilent plusieurs virus en un seul, et dont on peut accélérer grandement la rapidité de contamination et la dangerosité. S’ils étaient concentrés dans une bombe, leur capacité de destruction serait phénoménale. Ils pourraient provoquer une pandémie à l’échelle d’un continent et semer le chaos parmi la population civile en occasionnant en très peu de temps un très grand nombre de victimes, puis en se propageant très rapidement sans que rien ne puisse les arrêter. Les virus-chimères sont potentiellement plus dangereux que l’arme nucléaire.

L'arme climatique

Notre époque marquée par les changements climatiques à venir a permis l’émergence d’une nouvelle discipline scientifique : la géo-ingénierie, c’est-à-dire la possibilité de manipuler et de façonner le climat grâce à la technologie. Pionniers en la matière, notamment grâce au programme Haarp, les États-Unis ont déjà testé lors de la guerre du Vietnam des dispositifs permettant de modifier la mousson pour impacter les réserves de nourriture de l’ennemi. Capables de déstabiliser des systèmes écologiques et agricoles au niveau mondial, les armes climatiques sont de fait en mesure de mettre à terre une économie. Bien pire encore, des tests menés par l’armée américaine ont mis en évidence la possibilité de déclencher des tremblements de terre grâce à des décharges explosives dans le manteau terrestre. Et c’est sans compter sur le programme Sustain (SUrge STructure Atmosphere INteraction), qui permet de reproduire artificiellement des ouragans de catégorie 5. Imaginez une armée qui attaquerait un pays avec des tremblements de terre et des tempêtes de grande ampleur. L’arme climatique fait incontestablement partie des armes de destruction massive du futur.

 

(Article publié dans l’édition #155 mai 2018 – www.boutiquesummum.com)

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