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LES MARIAGES

Chroniqueur Guillaume Pineault
Photographe Sarah Dagenais
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Enfin une chronique où ça ne sera pas moi l’épais. Oui, pour une fois je pourrai dire, l’épais, c’est lui! J’arrive à un âge où tous mes amis s’installent, font leur progéniture et repartent la mode de se marier pour célébrer et confirmer leur amour.

C’est pas pour moi

Le mariage. Quand est-ce que c’est adéquat? À quoi ça sert? Où on fait ça? Devant Elvis à Vegas; au palais de justice; à Hawaii au grand vent sur une plage habillé en lin blanc; dans une église entre deux services funéraires. Quoi que, le mieux ça doit être à l’église, parce que c’est pas le booking qui doit déborder là. Disons que c’est assez disponible dans le monde religieux ces temps-ci, considérant que le rush des croyants est passé depuis un petit bout déjà.

Je ne connais personne qui a appelé à l’église et qui s’est fait dire : « Eh boy! Ça va aller à 2019 avant d’avoir un spot ». Ils te disent « OUI, pis ça va être tout de suite » parce que 99,9 % de nos curés sont en fin de vie!

Sinon quoi d’autre? L’achat d’un tuxedo? À mon avis, l’achat d’un tux, pas de stress. Si y’est beau, tant mieux. Si y’est laid, il y aura juste plus de regards sur la mariée!

Ce qui est le plus stressant d’un mariage selon moi, c’est la demande. La fameuse demande. Surtout avec les nouveaux vidéos YouTube du type :

Le gars envoie sa blonde dans le char, le gars est de mèche avec la police, les voisins, la ville de New York, les chevaux de Cavalia et tout le monde chante en chorale synchronisée avec l’Orchestre symphonique de Montréal live à la radio satellite. Pis ce sont des jets qui écrivent en nuages biocompostables : Will you marry me… Poney? Qui fait référence à un inside du secondaire quand elle lui avait dit « Honey », mais que ça avait sorti « Poney » parce qu’elle avait la grippe.

 La fille braille et entre deux sanglots et reniflages elle crie : « YES! » Pis tout le monde lance des confettis, qui sont en fait une envolée de colombes, chacune rescapée du naufrage d’un pétrolier.

T’sais que rendu là, déposer le genou en disant « JE T’AIME, t’es merveilleuse, t’es ma meilleure amie, ma complice et je veux passer le restant de mes jours auprès de toi », c’est juste fade!

Personnellement, sachant l’histoire des demandes de mes chums, j’aurais tellement la chienne de faire une demande.

La demande de Pat

Bel hiver, belles conditions de ski, pourquoi ne pas demander sa blonde en mariage dans le remonte-pente? Oui, oui, vous avez bien lu, dans le remonte-pente. J’pense que tu dois toujours planifier la possibilité d’un refus… Imaginez si elle avait dit : « NON. » C’est que ça peut être long, une remontée de pente de ski, dans la tristesse… Tu fais quoi, tu gardes le silence, tu brailles, tu sautes? Rendu là, j’pense que la chute et le coup sont moins durs pour tes chevilles que pour ton ego.

 Mais ne vous en faites pas, elle a dit : « OUI. » Tout en braillant dans ses lunettes de ski. Mais Guillaume, cœur noir, veux-tu bien nous dire il est où le problème dans cette merveilleuse histoire?

 Avez-vous déjà ouvert une boîte de bague de mariage, avec des mitaines de ski. Le stress de la demande, ajouté à la dextérité réduite, bye bye la bague. Des fois, on dit « chercher une aiguille dans une botte de foin »… vous pouvez aussi dire chercher une bague dans une montagne de neige.

 Le prix de la journée au Mont-Tremblant, 87 $ chaque. Le prix de la bague, 2700 $. Mais l’amour, ça n’a pas de prix, right?

La demande de Michel

Dans un château à Édimbourg. Réservation effectuée trois mois à l’avance pour aller au musée voir la salle des peintures et la plus grosse toile du château. Entente via Internet avec un « responsable » pour pouvoir faire la grande demande dans une pièce secrète du château :

Simple, tout sera déjà arrangé pour vous, Monsieur. Et pour que votre bien-aimée ne se doute de rien, vous n’aurez qu’à aller voir le valet dans la salle du musée avec la plus grande toile et dites-lui : « Can we take a closer look at the painting? » Il vous amènera au balcon, où vous serez à l’abri des regards pour procéder à votre demande. Par contre, sachez qu’il y a plusieurs demandes par jour et vous n’aurez le balcon que de 10 h 15 à 10 h 30.

 Arrive le jour J. Michel ne dort pas de la nuit, trop excité d’aller au musée! Voulant faire ça en famille, il a amené avec sa future femme leur enfant de cinq ans. Normalement, comme tout bon enfant, il est debout à 6 h du matin et a de l’énergie à n’en pu finir. Mais, ce matin-là, lendemain de vol, décalage… impossible de le sortir du lit avant 9 h.

Pis un enfant, faut que ça déjeune. Tic-tac-tic-tac… 9 h 30. La nervosité monte, le cœur débat, les pas entre l’hôtel et le château se font de plus en plus rapides.
Enfant : « Papa, maman, regardez les statues. »
Michel : « On les regardera plus tard, là on joue à marcher vite.
Future femme : « Voyons toi, qu’est-ce qui te prend, relaxe! »

Je vous épargne les détails, mais arrivée au château à 9 h 55… « Ouf, on est safe », se dira Michel. Mais n’oublions pas le line-up pour les billets d’entrée au musée. Étrange, mais côté touristique, c’est fort les musées dans les châteaux.

Entrée dans le musée : 10 h 15. Le kid avec la baboune de devoir courir pour attendre au musée, la femme qui ne comprend pas, Michel qui a le cœur qui va éclater. Une fois à l’intérieur du musée, trouve la toile la plus grosse. 10 h 17. OK, on l’a trouvée, super! Maintenant il est où est le valet… Le criss de valet!

10 h 20. Arrrrrggggghhhhh. Tombe face à face avec le valet.
Michel (en chuchotant) : « Can we take a closer look at the painting? »
Valet : WHAT?
Michel : « Shhhhhhhhut… Can. We. Take. A. Closer. Look. At. The. Painting. » (Gros clin d’œil) 

Le valet se retourne et pointe la toile, en disant : « It’s not big enough? »
Future femme : « Qu’est-ce que tu fais? »
Michel : « J’veux voir la toile de plus proche! » 

Au moment où Michel pense perdre connaissance.

10 h 22. Une dame s’avance : « You’re Michel? Follow me. » Une fois au balcon, dans une pièce remplie de pétales de rose au sol et de faux diamants étincelants, il y a un rempart pour voir la toile de plus près. Le petit court dans les pétales qui volent au vent en criant.
Future femme : « On voyait vraiment mieux la toile d’en bas. »
Michel : « Mon fils, viens ici. »
–  L’enfant : « QUOI? »

Il s’agenouille devant le petit, le calme et lui dit : « Tu sais que la personne que papa aime le plus au monde, c’est toi hein? »
Future femme : « Qu’est-ce qui se passe? »
–  Michel : « Hein mon gars, tu le sais… »
L’enfant : (en chuchotant) « Papa… on vole des diamants. »
Michel : « Attends, tu le sais que papa t’aime… mais il aime aussi maman. »
–  Future femme : « QU’ESSÉ QUI SE PASSE? »
Michel : « Veux-tu m’épouser bâtard? »
Femme fiancée : « OUIIIIIIII! »

10 h 30. Le valet : « Sorry guys, you’ll have to get out now… »

Pendant ce temps à la maison

  Chéri? Sur quoi tu travailles?
Ha, j’écris ma chronique mensuelle du SUMMUM.
De quoi tu parles?
Ma crainte de faire une demande en mariage.
Hein, vas-tu me demander en mariage?
F**k! Dans le fond, l’épais c’est vraiment moi.

(Article publié dans l’édition #149 août 2017 – www.boutiquesummum.com)

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