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QUEL TYPE DE SPORTIF ÊTES-VOUS?

Chroniqueur Michel Bouchard
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Les 8 types de gars qu’on croise au gym

QUE CE SOIT POUR S’ENTRAÎNER DANS LE BUT DE PRATIQUER UN SPORT QUELCONQUE, POUR MAINTENIR UNE BONNE FORME PHYSIQUE OU POUR RETROUVER SES ÉLANS DE JEUNESSE, L’ABONNEMENT À UN GYM REPRÉSENTE SOUVENT UNE OPTION AVANTAGEUSE. APRÈS TOUT, QUI NE VOUDRAIT PAS AFFICHER UNE FORME PHYSIQUE EXEMPLAIRE? TOUTEFOIS, QUICONQUE AYANT DÉJÀ FRÉQUENTÉ UN GYM AU MOINS UNE FOIS DANS SA VIE A PU CONSTATER À QUEL POINT ON Y RETROUVE DES PERSONNALITÉS D’UNE GRANDE DIVERSITÉ. POUR FAIRE LE POINT SUR LA CHOSE, SUMMUM A RECENSÉ POUR VOUS HUIT PERSONNALITÉS DISTINCTES QU’ON RETROUVE DANS CHAQUE GYM…

1- Le « watcheux »

Le « watcheux » (ou « vouêreux » pour les fanas de la langue française) est un observateur avéré et un habitué du gym. Il y est à l’aise et connaît tout le monde. Il appelle les préposés et les entraîneurs personnels par leur p’tit nom et il sait repérer le temporaire au premier coup d’œil. L’habitué maximise son coût d’inscription et passe au gym presque tous les jours, au moins deux heures, afin de s’y entraîner un gros 30 minutes. Il est surtout là pour y faire du social et pour se rincer l’œil. Étrangement, il s’entraîne toujours près d’une fille seule, de préférence derrière elle. Le « watcheux » parle beaucoup, souvent, et à tout le monde. Ses périodes de repos entre deux répétitions sont étrangement longues. Après chaque exercice sur un appareil, il passe à l’abreuvoir et s’essuie le visage, pourtant déjà sec. Il maintient une forme physique acceptable, mais à en juger par la fréquence et la durée de ses visites au gym, il devrait techniquement avoir des « pipes » d’enfer et des « pecs » d’acier, ce qui n’est pas exactement le cas. Le « watcheux » fait le strict minimum pour garder la forme et ne fait que les exercices qu’il aime, pas ceux qui lui demandent un trop grand effort. Les seules fois où il fera un gros effort dans le gym, c’est en prenant un dumbbell trop lourd pour lui afin d’impressionner la pitoune qu’il veut séduire.

Comment le reconnaître : il suffit d’écouter attentivement, c’est celui qui parle à plein de gens et qui parle très fort.

2- Les siamois

Les siamois, comme leur nom l’indique, sont indissociables : ils s’entraînent toujours à deux. Ils arrivent au même moment au gym, ils entrent et sortent du vestiaire en même temps, ils se suivent partout, font les mêmes exercices sur les mêmes machines à tour de rôle, vont boire de l’eau aux mêmes intervalles, vont se doucher et quittent également en même temps. D’ailleurs, ils ne gagnent et ne perdent rien en allant au gym, puisqu’ils gaspillent tous les bienfaits de leurs séances en arrêtant prendre un verre au petit bar d’à côté après les entraînements. Un des deux siamois est toujours plus fort que l’autre, tandis que le second a un meilleur cardiovasculaire. Ils s’encouragent, se « boostent », se tapent dans les mains et s’appellent « bro », « dude » ou « buddy ». Ces inséparables font du tapis roulant côte à côte, du vélo stationnaire côte à côte, de l’elliptique côte à… Non, ils ne font pas d’elliptique; ils trouvent tous les deux que ça manque de virilité comme exercice. Après un mois d’entraînement, ils délaisseront peu à peu les visites au gym et fréquenteront de plus en plus le petit bar d’à côté.

Comment les reconnaître : ce sont eux qui se font des high five après chaque répétition.

3- Le crinqué

Le crinqué est plus large d’épaules qu’un réfrigérateur à doubles portes. En le regardant attentivement, on peut voir circuler son sang à travers les veines gonflées de ses tempes. Il porte toujours une camisole noire trop petite pour lui et, à première vue, sa physionomie ne devrait techniquement pas lui permettre d’applaudir tellement son « chest » est épais. Il semble avoir la souplesse d’un vitrail d’église centenaire. Le crinqué ne parle pas beaucoup, mais il demeure bruyant quand il s’entraîne. Ses cris gutturaux et ses « oumpfs » qui lui sortent par le nez font peur. Il fait tous les exercices avec les machines au maximum de poids sans broncher et lève à une main des haltères que le commun des mortels arrive à peine à faire bouger autrement qu’avec un charriot élévateur. Le crinqué ne boit pas d’eau, c’est un amateur de shakes. Même qu’on a l’impression qu’il mange la poudre de protéines de petit lait directement dans le pot avec une louche à soupe. Le crinqué porte une ceinture de soutien pour ne pas se blesser au dos quand il s’entraîne et sa masse musculaire semble avoir bénéficié d’un petit coup de main de la science et du « fournisseur » de la place. Si des gens l’interpellent, c’est généralement en l’appelant « monsieur » ou « s’cusez ».

Comment le reconnaître : c’est celui qui passe uniquement de biais dans le couloir menant au vestiaire.

4- Le p’tit maigre

Le p’tit maigre est plein de bonne volonté, mais vide d’amis. Il n’a aucunement les attributs pour pratiquer un sport quelconque et a opté pour un entraînement en gym, question de bouger et de sortir de sa routine de programmeur analyste. C’est lui qui pédale lentement sur le vélo stationnaire en ayant réglé la difficulté au niveau 1 et qui y restera tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas terminé son chapitre de la septième biographie de Steve Jobs, téléchargée sur son iPad. Ayant l’impression de pédaler sa vie dans ses shorts blanches et son t-shirt de Bobba Fett, il rêvasse et se dit que ce serait tellement plus facile si l’entraînement se passait comme dans les films Rocky, c’est-à-dire en deux minutes très intenses et très diversifiées sur l’air d’Eye of the Tiger de Survivor, chanson qui joue en boucle dans son iPhone dernière génération. Le p’tit maigre prend entre 3 et 14 « sprays » de pompe pour les asthmatiques à l’heure et sa serviette ne sert pas à essuyer sa sueur, mais plutôt à nettoyer ses lunettes.

Comment le reconnaître : à la sortie du gym, c’est celui qui perd connaissance s’il vente trop fort ou qui saigne des oreilles quand la pression barométrique est trop basse.

5- Le douchebag

Qui dit gymnase et entraînement dit évidemment douchebag. Le douchebag se retrouve dans tout gym qui se respecte. Il est habituellement assez musclé, arbore fièrement un tatouage de barbelé à un bras, porte au minimum une boucle d’oreille, une camisole Ed Hardy, une casquette à l’envers qui cache une coupe de cheveux à motifs et son teint bronzé artificiellement rappelle un bol de Cheetos. Le douchebag s’entraîne régulièrement et il le fait avec passion tout en ingurgitant boisson énergisante après boisson énergisante. Il connaît le surnom de tous les gars du gym, et ce surnom c’est « e’l’gros ». Le douchebag termine chaque répétition avec un cri, un « aaargh! » puissant dont la « mâlitude » vise à démontrer l’ampleur de son effort surhumain. À noter qu’il est beaucoup moins bâti que le crinqué même si, à l’occasion, un crinqué peut s’apparenter à un être originaire du Douchebaghisthan. En fait, le douchebag est souvent une étape dans l’évolution vers le crinqué.

Comment le reconnaître : il reluit dans le noir et a un cure-dent dans la bouche.

6- Le temporaire

Après des mois, voire des années, passés à se bourrer la face de junk food, le temporaire profite de la période du temps des Fêtes pour faire le plein de PPPP : pâtes, pain, patates et poutine. Le 3 janvier au matin, en se regardant dans le miroir, le temporaire réalise tout à coup qu’il est temps de passer à l’action et de perdre du poids, puisque ses bourrelets débordent de chaque côté de la glace. Pour se remettre en forme, chose qu’il n’a pas vécue depuis au moins 15 ans, le temporaire ne lésinera sur rien et il s’équipera avec la totale : des souliers à 160 $, un survêtement griffé à 185 $, une serviette brodée à son nom, une bouteille d’eau avec compartiment à glace intégré, des gants Everlast pour soulever des poids et un iPod neuf avec l’étui pour accrocher au bras. Il remplira ce même iPod avec des centaines de chansons qui bougent et qui donnent envie de s’entraîner. Devant les options d’inscriptions qui lui sont offertes, il pensera à un abonnement d’essai d’un mois, mais comme sa volonté est de fer, il priorisera une durée de trois mois, pour finalement souscrire à un abonnement d’un an, question d’économiser 4 $ par mois. Après une session passée en compagnie d’un entraîneur personnel qui lui prépare un programme individuel spécifique à ses besoins, le temporaire sera un assidu du gym et ira s’entraîner cinq jours par semaine… Pendant une semaine. La semaine suivante, une réunion au bureau le forcera à rater la journée des bras. Deux jours plus tard, comme il aura déneigé sa cour pendant deux heures, il se dira que son exercice est fait pour la journée, surtout pour les jambes, lui qui aura marché derrière sa souffleuse longtemps. La semaine d’après, une combinaison de travail supplémentaire, de grippe et de soucis familiaux l’empêchera totalement de se rendre au gym. Il n’y retournera pas et verra son abonnement d’une année s’envoler en fumée.

Comment le reconnaître : c’est celui qui sue à pleines gouttes en montant l’escalier menant au gym.

7- Le marathonien

Le marathonien a un compte Facebook sur lequel il voit constamment passer des photos de ses amis et connaissances qui font tous de la course à pied parce que c’est in et ça paraît bien. Il aimerait lui aussi avoir cette chance unique de se faire asperger de poudre colorée tout en courant avec des lunettes de soleil fluorescentes tout droit sorties des années 80. Pour s’assurer d’arriver à ses fins et garder la motivation, il s’est inscrit au demi-marathon de Montréal 11 mois à l’avance. Il s’est procuré des souliers de jogging haut de gamme, un suit moulant qui laisse bien voir son anatomie (dans lequel il a savamment placé un bas roulé), ainsi qu’une montre de course GPS qui permet de prendre son rythme cardiaque. Il a également un sac à dos équipé d’un réservoir d’eau et a téléchargé une application qui lui permet de faire un suivi sur ses courses et ses performances… Nuance : il a téléchargé une application qui lui permet de publier les résultats de ses courses sur Facebook afin que ses amis puissent savoir comment et quand il court. Avec tout cet équipement, il amorcera un entraînement dans un gym. En réalité, il lui aurait suffi d’aller dehors et de s’équiper d’un tapis roulant à 150 $ acheté sur Kijiji pour s’entraîner. Ironiquement, les seules fois où il ira courir dehors, c’est lorsqu’il fera 30 degrés sous ou au-dessus de zéro ou qu’il tombera des clous à faire brailler un canard.

Comment le reconnaître : c’est le gars qui porte un bandeau blanc en ratine de velours.

8- La cause perdue

La cause perdue est un individu ayant un nom vraiment parfait pour lui. Il voudrait tellement être en forme, mais il est ultimement lâche. Il a essayé un tas de gadgets pour y parvenir sans avoir à faire des efforts : le Ab Roller, le Ab Roller Plus, le Ab Roller Plus Turbo, le Ab Roller Plus Turbo II et même le Super Ab Roller Plus Turbo à vibrations électromagnétiques… Jamais ses abdominaux n’ont eu l’air de ceux des gars bronzés dans les infopubs. Après avoir compris que même le vieux VHS de Jane Fonda ne lui fera pas perdre son embonpoint et qu’il n’y a maintenant plus de place sous son lit pour ranger un autre gadget, la cause perdue tentera sa chance dans un gym. À la base, le simple fait de transporter son sac de vêtements de sport de la maison au bureau, puis du bureau au gym, représente un défi d’une ampleur démesurée. La cause perdue est trop gênée pour demander à un spécialiste de lui préparer un programme d’entraînement, il a donc imprimé le sien après en avoir trouvé un sur Internet. Les gens ne peuvent s’empêcher de rire en le voyant utiliser les machines d’entraînement de manière totalement farfelue. Il porte toujours le même survêtement de jogging gris pâle en coton ouaté. Le gris est toujours plus foncé au collet, aux aisselles et en arrière, à la hauteur de la raie. Ce qu’il préfère de l’entraînement, ce sont les trois laits frappés fraise-banane-chocolat-protéines qu’il s’enfile avant et après les séances. D’ailleurs, il ignore sur quel arbre pousse la protéine.

Comment le reconnaître : à l’odeur.

(Article publié dans l’édition #133 décembre/janvier 2016 – www.boutiquesummum.com)

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