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RÉMI-PIERRE PAQUIN

Chroniqueur Nathacha Gilbert
Photographe Patrick Séguin
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Ne « Bidou Laloge pas » qui veut

Ne le criez pas trop fort, mais je suis une fan finie de Rémi-Pierre Paquin! Celui que l’on peut voir toutes les semaines dans la très populaire série Les Pays d’en haut s’est prêté au jeu et a bien accepté de répondre à nos questions. Entretien avec un gars qu’on voudrait avoir comme beau-frère, voisin ou comme meilleur chum de gars!

Allô Rémi-Pierre! Très amusant de faire une entrevue avec toi alors qu’hier, je regardais justement le dernier épisode des Pays d’en haut. Dis-moi, s’il te plaît, que tu n’es pas aussi menteur et manipulateur que Bidou Laloge dans la vraie vie; je t’en supplie! (Rires) Ben non! (Rires) Je serais un sacré trou de…!

On va se le dire, cette série-là c’est du bonbon pour les téléspectateurs. C’est un gros succès autant chez les hommes que chez les femmes. Parfois, on peut catégoriser les séries un peu plus, mais là, pas du tout! Ça rassemble vraiment toutes les générations et les sphères d’âge. Qu’est-ce qui te plaît le plus, toi, dans la série, en tant que téléspectateur? Je trouve que c’est vraiment différent de ce que l’on voit depuis quelques années à la télévision. C’est un truc d’époque, mais pas sirupeux. Il y a un côté vraiment plus western, rock’n’roll, où on va dans les grosses émotions, dans le tapis, le gaz dans le fond. Il y a ce côté-là aussi que j’aime beaucoup aussi des Pays d’en haut. Et il y a le fait que c’est vraiment un casting de feu; il y a de super comédiens là-dedans et c’est ça aussi ce qui me fait « triper » dans ce show-là.

En quoi Bidou et toi vous vous ressemblez? Avez-vous des points en commun? L’appât du gain, la soif pour l’argent, le talent au poker, la boisson? (Rires) Ben, c’est sûr que j’aime bien la boisson! (Rires)

En étant propriétaire d’un bar, ça aide! Les tavernes irlandaises, c’est sûr que ça aide pas mal! (Rires) Bidou a aussi un côté… comment dire. T’sais, tu vas prendre une bière à l’hôtel, tu as du fun avec Bidou! Pas mal plus avec lui qu’avec d’autres personnages. C’est un bon compagnon de brosse, jusqu’à ce qu’il te demande de lui prêter de l’argent; là, ça ne va pas bien. C’est quand même un gars qui peut être divertissant!

As-tu une anecdote de tournage croustillante à nous raconter? À un moment donné, Bidou se sauve en carriole et il y a des coups de feu échangés avec Alexis… Je n’avais pas eu de formation pour faire de l’équitation; j’ai déjà « ridé » un poney quand j’avais huit ans. C’était ça ma seule expérience. On m’a dit : « Pourrais-tu faire la scène de la carriole? Sinon, on va prendre un cascadeur. » Mais moi, j’aime ça les affaires de même; c’est mon côté p’tit gars. Partir en carriole, débarquer pis tirer du gun : ça m’énervait ben gros! Ça m’excitait! J’ai décidé de l’essayer et c’est tough quand même… Je suis plus habitué avec des affaires à moteur. Si je pèse sur le break, ça « breake » et si je donne du gaz, ça « gaze ». Mais là, un cheval, c’est différent! Il est parti à la planche, le cheval, je vais te dire! C’est drôle, mais ce cheval avait été entraîné pour prendre une certaine trail. Et moi, je combattais pour continuer tout droit! J’ai eu ben du fun, mais je me suis vite aperçu que ce n’était pas un 4 roues.

Ça ne t’a pas donné l’envie de t’acheter un cheval, bref… Ben… quand même! Y’a un côté le fun; la puissance de l’animal – que je ne maîtrise pas tout à fait –, ça m’a donné un petit thrill.

Avec Les Pays d’en haut, c’est agréable parce que tu as pu retrouver aussi une partenaire de jeu en Julie Le Breton, avec qui tu as partagé l’écran dans Mauvais Karma. C’était plaisant de vous recroiser sur un plateau, j’imagine? Ben oui, certain! Julie, j’étais vraiment content de la retrouver, d’autant plus que c’est une amie depuis vraiment longtemps. J’étais bien content. Et, t’sais, j’arrive là et il y a Antoine Bertrand (Curé Labelle), que je connais bien et j’étais content de jouer avec lui. Roger Léger (Dr Cyprien Marignon) avec qui j’ai fait du théâtre à l’époque. Anne-Élisabeth Bossé (Caroline Malterre) qui est une super amie. C’est vraiment du monde de feu. J’ai vraiment du fun à aller travailler.

Crédit photo : Patrick Séguin

Je saute un peu du coq à l’âne, mais ça fait presque 10 ans que c’est terminé pour toi, Les Invincibles. Ça te manque? Ah… Non, parce que je vois encore mes chums. On était chums avant et on l’est encore. J’ai vraiment « tripé » à faire ça, mais c’est notre métier. On passe d’un projet à l’autre et on est « mindé » de même. Mais cette gang-là, je la côtoie encore, donc j’ai l’impression que ça se poursuit un peu.

Tu es collaborateur dans l’émission Les Fantastiques, à Rouge. Toi qui avais débuté des études en communication et qui espérais un jour faire de la radio, tu réalises un peu tes aspirations passées, non? En fait, non. Quand j’étais en communication, mon objectif était plus d’être un créatif en publicité. Mais chaque fois que j’étais invité dans une émission de radio, j’aimais vraiment ça! J’étais vraiment content qu’ils me proposent d’embarquer dans ce projet-là. Et, ce que je me suis rendu compte par la suite, c’est que la relation avec le public est très différente de celle avec la télé. On dirait que, parce que tu rentres dans leur voiture et qu’ils sont seuls, ça offre une plus grande proximité avec les auditeurs. Je ne sais pas, il y a quelque chose de plus intime qu’avec le téléspectateur.

Ça te fait autant « triper » que tu l’aurais cru? Oui, oui! J’aime ça et j’aime le concept des Fantastiques; je ne suis jamais avec les mêmes personnes. La dynamique est très différente et, comme je n’aime pas trop la routine, c’est parfait. J’ai un petit côté probablement conteur dans l’âme parce que j’embarque facilement, je jase, et c’est ben naturel pour moi. Comme si j’étais dans un souper et que je jasais avec du monde le fun.

Mis à part, évidemment, ta carrière de comédien et d’animateur, tu es propriétaire du pub irlandais Le Trèfle. C’est plus d’ouvrage que tu pensais, gérer un bar? Quand même; ça prend une grande partie de ma tête. Ça fait trois ans qu’on est ouvert sur Ontario, dans Hochelaga-Maisonneuve, mais on en ouvre un autre en mars dans Verdun, qui devrait être prêt pour la Saint-Patrick. Je « tripe » ben design et sur les rénos dans la vie, et c’est moi aussi qui s’occupe de toute l’ambiance musicale. En fait, j’aime ben ça m’impliquer et je ne pense pas que, lorsque j’ai commencé l’aventure avec mes partners – qui font vraiment ça dans la vie, et ce, depuis très longtemps –, qu’ils se doutaient qu’ils s’embarquaient avec quelqu’un qui « triperait » autant.

On y retrouvera la même ambiance que dans celle d’Hochelaga-Maisonneuve, dis-moi? Oui, même ambiance. Ce qu’il y aura de plus, c’est un deuxième étage qui sera plus cosy, salon, bibliothèque, avec un petit bar. Les gens pourront aussi louer cet espace-là pour des réunions, des évènements, des affaires… Ça va être le fun, on va « triper » à pouvoir gérer cet espace-là en haut et lui trouver des fonctionnalités.

Qu’est-ce que t’as appris et qui t’a marqué le plus depuis que tu fais partie du monde des bars? (Il réfléchit) Ben, j’ai appris mille affaires. J’ai appris que toute l’expérience que j’ai acquise en matière de bars – parce que je les ai fréquentés beaucoup –, je pouvais la transférer et l’utiliser ici. Elle sert à l’ambiance du Trèfle et ça fonctionne, donc c’est le fun. Il y a un côté très créatif quand on commence un projet comme celui-là. Tu t’aperçois que les détails sont très importants. Parfois, je rentre dans des bars et des restos et je me dis : « Crime, ils ont coupé dans les coins ronds… » Tu le sens, et ça paraît. Des fois, tu peux rentrer au Trèfle et tu te sens bien, sans trop savoir pourquoi. Mais, nous autres, on est vraiment des picosseux. Des petits détails, des petits coins que tu ne vois pas nécessairement, mais le fait de se forcer dans les détails, ça aide à l’ambiance générale.

Je parlais d’animation un peu plus tôt parce que tu as été à la tête d’une émission, jadis, à MusiquePlus, Rock’n’Road. Il y a aussi eu Le sexe selon les sexes. Tu as collaboré à quelques shows ici et là, dont Les Échangistes et Maripier. Si on t’offrait la possibilité d’animer n’importe quelle émission de télé demain matin, ça serait quoi?  Je ne sais pas. En fait, en ce qui a trait à l’animation, je fais vraiment des trucs que j’aime. Par exemple, la musique, je « tripe » là-dessus. Le sexe, j’aime ça donc… (Rires) Ce sont des sujets que j’aime. J’ai fait aussi Ça t’prend ça, à Z télé, où on parlait d’outils, de 4 roues et des affaires de même… parce que j’aime ça! Je ne serais pas capable d’animer des Occupation double et des affaires de même; pas que je ne trouve pas ça bon. C’est que ce n’est pas moi. Quand je suis comédien, je suis capable de me mettre dans la peau de n’importe quoi. Mais, quand je suis animateur, il faut que ce soit plus proche de moi pour que je puisse rester moi-même. On dirait que je ne veux pas trop « jouer » quand je suis animateur.

Qu’est-ce qui te fait vraiment sortir de tes gonds dans la vie? L’injustice. Des gens qui se font dénigrer pour ce qu’ils ont l’air, s’ils ont de l’argent ou non. Déjà quelqu’un qui en arrache dans la vie, que la vie n’est pas ben ben cool avec et qu’il se fait mettre en plus dans le pétrin, ça me fait capoter.

Je t’offre la chance de réaliser trois vœux. Qu’est-ce que je peux faire pour toi? Crime, c’est ben compliqué ces questions-là! (Rires) Je sentirais que j’aurais une responsabilité, donc c’est sûr que ce serait la paix sur la Terre, plus de faim sur la Terre et qu’il fasse beau.

Qu’il fasse beau tout le temps, c’est vrai que ce serait vraiment un bon vœu! (Rires) Ben, en fait, qu’il fasse beau tout le temps en fonction des saisons! L’hiver, qu’il y ait ben de la neige, l’été, qu’il fasse ben chaud, l’automne, que les feuilles durent ben longtemps pis le printemps, que les jupes soient courtes! (Rires)

Ça, ça va plaire aux lecteurs, c’est sûr! Et si tu avais un superpouvoir, ce serait quoi? Lire dans la tête des gens, te rendre invisible? Eh non! Pas lire dans la tête des gens! Voler, ça doit être « tripant » en maudit. J’aimerais ça!

Donc, si t’étais un animal dans une autre vie, tu serais clairement un oiseau! Ouin… Plus un aigle!

Le pire, c’est que j’ai dit « oiseau » et tout de suite j’ai pensé : « Il va me sortir quelque chose comme un aigle ou un faucon! » (Rires) Un projet sur lequel tu travailles présentement? L’ouverture du bar, la radio et je vais me remettre tranquillement dans mon show Antarctique Solo. C’est une pièce de théâtre sur Frédéric Dion, le gars qui est parti seul en Antarctique, un aventurier qui fait des défis de fou! Bryan Perro, l’auteur, a écrit une pièce de théâtre là-dessus et je l’ai jouée l’été passé. Je la rejoue tout l’été à Shawinigan et je vais me remettre là-dedans ben vite parce que c’est une heure et demie de show tout seul.

Et Les Pays d’en haut, ça revient pour une quatrième saison? Oui, il y en aura une et elle sera tournée à l’automne et à l’hiver prochain.

Crédit photo : Patrick Séguin

(Article publié dans l’édition #154 mars/avril 2018 – www.boutiquesummum.com)

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