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SUIS-JE NYMPHO?

Chroniqueur Nathacha Gilbert
Chroniqueur Sophie Brousseau
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ASSOIFFÉE DE SEXE. Toujours, toujours plus

Aimer le sexe. Aimer le sexe au point où on en veut tout le temps, aimer le sexe où on ressent le besoin d’en avoir tout le temps. Aimer le sexe au point de rencontrer des gens uniquement pour assouvir ses besoins, aimer le sexe au point où on le pratique, seul, à plusieurs reprises dans une journée. Pour plusieurs, c’est le terme « nymphomane » qui vient en tête à la lecture de ces lignes. C’était mon cas, jusqu’à ce que je commence à lire davantage sur le sujet.

 La nymphomanie est une pathologie et comme je ne suis pas médecin ni spécialiste ou psychologue, j’ai demandé la collaboration de notre sexologue, Sophie Brousseau, pour nous aider à démystifier le tout, parce que ce n’est pas si simple et que ce n’est pas un diagnostic facile à poser. Et, entre-temps, j’ai voulu discuter de cet attrait pour le sexe avec quelqu’un qui le vit, qui est « dedans ». On m’a gentiment mise en contact avec une femme dans la trentaine qui vit un peu cette situation. Si elle n’a pas de diagnostic précis au moment où j’écris ces lignes, elle a tout de même accepté de nous parler de ses pratiques. Afin de préserver son anonymat, j’ai donc modifié son prénom et l’ai appelée Kim.

« Dans le langage populaire, nous parlons souvent de nymphomanie pour décrire une femme qui a un appétit sexuel élevé. D’ailleurs, des hommes vont se vanter d’avoir croisé une ‘’nympho’’ dans leur vie. Le terme ‘’nymphomane’’ a un aspect péjoratif. Nous utilisons plutôt les termes désir sexuel hyperactif, hypersexualité ou compulsion sexuelle. La femme qui est obsédée par le sexe y pense toute la journée, multiplie les aventures, se masturbe le midi plutôt que de dîner avec ses collègues de travail, etc. Si elle vit en couple, le conjoint ou la conjointe n’a pas nécessairement un désir sexuel aussi élevé, ce qui peut amener de l’infidélité et des conflits dans le couple. Nous pouvons comparer ce trouble à une personne alcoolique. L’alcool vient calmer le stress et l’anxiété. Par la suite, nous nous sentons coupables d’avoir consommé autant d’alcool et ce mal-être nous pousse à reboire le lendemain. Du côté de la compulsion sexuelle, la personne multiplie les relations sexuelles, sans nécessairement éprouver un orgasme, et ressent de la honte et de la culpabilité par la suite. Avec l’aide d’un professionnel (sexologue, psychologue), elle peut être accompagnée pour trouver les causes du problème, à quels besoins la sexualité répond, comment mieux gérer son anxiété, etc. » – Sophie Brousseau.

PRISE DE CONTACT
Comme je l’ai mentionné un peu plus haut, difficile de trouver quelqu’un qui est à l’aise de se confier sur ses pratiques sexuelles. Surtout lorsqu’elles peuvent être considérées comme non orthodoxes. Au moment de la prise de contact, Kim m’annonce qu’elle ne croit pas être nymphomane, mais qu’elle est présentement en attente pour rencontrer une sexologue. Elle souhaite avoir des réponses à ses questions. Kim accepte tout de même de collaborer à l’article et sans faire de jeu de mots plate dans les circonstances, le sexe, présentement, elle en mange.

Kim a toujours été attirée par le sexe, avoue-t-elle. « Depuis l’âge primaire, en fait. Mon père avait des films et des magazines et je ne pouvais m’empêcher de les regarder. » La jeune femme est célibataire depuis quelques mois à peine, sortant d’une relation qui a duré près d’une décennie. « Ça fait presque 10 ans que je me retiens de ne pas fourrer tout ce qui bouge, car j’étais en couple et je tenais à rester ‘’normale’’ avec mon conjoint. » Depuis sa rupture, elle avoue que les choses ont « explosé ». « J’ai tout arrêté avec lui parce que je voulais coucher avec plusieurs personnes. »

L’éducation sexuelle reçue, les comportements sexuels dans l’enfance, les expériences sexuelles et sa vie sexuelle avec son ex-partenaire sont des éléments qui pourront être abordés en consultation en vue de mieux comprendre ses comportements sexuels actuels. – Sophie Brousseau

Elle explique que lorsqu’elle était avec son ex-conjoint, elle s’est renfermée sur elle, d’une certaine façon. Elle ne se masturbait plus, elle n’avait plus envie de sexe. « On pouvait coucher ensemble une fois environ aux deux ou trois mois, à son grand malheur. » C’est d’ailleurs ce qui a tué leur couple, à son avis. Le manque de sexe.

(Lire l’article complet dans l’édition #163 mai 2019 – www.boutiquesummum.com)

Sources
Langis, P., Germain, B. (2009). La sexualité humaine. Saint-Laurent, Québec : Éditions du renouveau pédagogique inc.

Demers-Morabito, Marie-Ève. La dépendance sexuelle démystifiée
www.canalvie.com/couple/amour-et-relations/articles-amour-et-relations/dependance-sexuelle-demystifiee-1.8994746

Passeport santé (2018). L’hypersexualité : une pathologie ou un choix de vie?
www.passeportsante.net/sexualite-g159/Fiche.aspx?doc=hypersexualite

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