fbpx
En kiosque

Intelligence artificielle dans les films

Nicolas Lacroix
Partager

Si le terme intelligence artificielle ou IA commence à envahir l’espace public depuis seulement quelques années dans le « vrai monde », au cinéma, c’est depuis près d’un siècle qu’on utilise l’intelligence artificielle comme un terrain de jeu pour explorer nos peurs les plus profondes et nos fantasmes technologiques. Bien avant que les algorithmes ne s’invitent dans nos téléphones, les films imaginaient déjà des machines capables de penser, de décider et, parfois (souvent!), de condamner l’humanité. Qu’elles prennent la forme d’un ordinateur de bord, d’un robot tueur ou d’une voix séduisante, les IA du cinéma racontent généralement la même chose : notre rapport ambigu avec la technologie, le contrôle et la responsabilité.

Inquiétante dès les années 20

Dès les débuts du cinéma, la machine intelligente fascine autant qu’elle inquiète. Dans Metropolis (1927) de Fritz Lang, le robot Maria symbolise une peur très concrète : celle d’un monde industriel où la technologie écrase l’homme. Le message est clair : créer une copie artificielle de l’humain, c’est flirter avec la perte de contrôle.

Cette idée reviendra sans cesse, sous des formes différentes. Dans The Day the Earth Stood Still (1951), le robot Gort incarne une autorité froide et rationnelle, capable de juger l’humanité. Déjà, le cinéma pose une question essentielle : une intelligence sans émotion est-elle plus juste, ou simplement plus dangereuse? Si on prend la question à l’envers : l’émotion humaine est-elle une force ou une faiblesse?

HAL 9000 ou les débuts de l’IA meurtrière

En 1968, Stanley Kubrick frappe fort avec 2001: A Space Odyssey. L’ordinateur de bord HAL 9000 n’a pas de corps, pas de visage, pas de muscles. Juste une voix douce et un œil rouge. Et, pourtant, peu d’IA auront été aussi inquiétantes. HAL ne tue pas par haine, mais par logique. Il applique les règles que les humains lui ont données, jusqu’au point de rupture. Pour la première fois, une IA fait peur précisément parce qu’elle nous ressemble.

Parenthèse : Lorsque vous verrez ou reverrez le film (que moi non plus je ne comprends pas complètement, en passant), notez l’apparition de ce qui ressemble en tous points à une tablette genre iPad à la marque 1 h 10 environ.

Années 80 : L’IA prend les armes

Avec les années 80, le ton change. L’intelligence artificielle n’est plus philosophique, elle devient militaire. Wargames (1983) montre comment un simple adolescent peut, par accident, déclencher une quasi-guerre nucléaire en dialoguant avec un ordinateur stratégique. L’IA ne comprend pas le second degré (comme trop de gens). Elle calcule. Et c’est justement ça le problème.

Un an plus tard, Terminator en rajoute une couche : Skynet, système de défense automatisé, décide que l’humanité est une menace. Résultat : apocalypse nucléaire et robots tueurs envoyés dans le passé. C’est un peu pas mal la suite thématique de Wargames : confier la guerre à une machine, c’est signer notre arrêt de mort. Le Terminator, silhouette métallique implacable, devient une icône culturelle, mélange de peur technologique, de rêve d’immortalité potentielle et de fantasme de puissance brute.

Partager

Recommandés pour vous

PROCHAIN ARTICLE
En kiosque

Les mystères paranormaux démystifiés par la science