Podcasts : lâche la radio AM et pimp ton expérience audio et vidéo
Replongeons au cœur de la dernière course à la présidence de la Maison-Blanche si vous le voulez bien, ne serait-ce qu’un simple instant. Lorsque Kamala Harris a dit non à l’invitation du podcaster Joe Rogan, elle n’a pas uniquement décliné une interview : elle a raté le train de la visibilité instantanée. Des millions d’auditeurs engagés, fidèles, prêts à écouter tout et son contraire… voilà le pouvoir des podcasts. C’est la preuve que ce média n’est plus un simple gadget pour hipsters, mais une plateforme capable de dominer la conversation, du divertissement à la politique. MoralE de l’histoire : si tu veux rester dans la « game » et pimper ton expérience audio et vidéo, range ton poste AM, chausse tes écouteurs et laisse les podcasts t’emmener là où la télé n’ose même pas aller.
Messieurs, c’est officiel : écouter la radio AM pendant vos déplacements, c’est comme jouer à la PlayStation avec une manette en panne. Heureusement, l’univers du podcast est là pour sauver vos oreilles, et il y a de quoi passer des heures sans jamais s’ennuyer. Que tu veuilles rire avec Mike Ward, te plonger dans des enquêtes true crime ou briller en soirée avec les dernières anecdotes tech de Marc Saltzman, il y a un podcast pour chaque obsession masculine. Dans ton mag ce mois-ci, SUMMUM plonge dans ce monde en constante mouvance : figures phare, statistiques hallucinantes et sélection des meilleures balados à te mettre sous la dent… L’essayer, c’est l’adopter, comme dirait l’autre…
LA FORCE D’UN BRANDING À TOUT ROMPRE
Longtemps considéré comme un simple prolongement de la radio traditionnelle, le podcast – ou balado dans la francophonie – est en réalité le produit d’une révolution technologique et culturelle entamée au tournant des années 2000. Le terme lui-même apparaît en 2004, contraction de « iPod » et « broadcast », à une époque où les lecteurs MP3 et les flux RSS permettent pour la première fois de télécharger automatiquement des contenus audio et de les écouter sur demande.
RÉVOLUTION BALADO : HIER ET DEMAIN
Il va sans dire que le podcast ne naît pas de nulle part : il s’inscrit dans la continuité des médias audio du 20ᵉ siècle. Dès les années 20, la radio diffuse des contenus structurés, puis les cassettes (années 60-70) et les CD (années 80-90) facilitent l’enregistrement et le partage audio.
À la fin des années 90, Internet permet la diffusion d’audios en ligne, mais sans système simple d’abonnement. Ce manque est comblé au début des années 2000 avec le RSS, notamment développé par Dave Winer, informaticien et entrepreneur américain pionnier du Web et de la syndication de contenu, combiné aux lecteurs numériques popularisés par Apple. Le podcast émerge alors comme l’aboutissement logique de ces innovations.
Son essor débute en 2004 avec l’iPod et iTunes, qui démocratisent ainsi l’écoute à la demande. Dans les années 2010, les téléphones intelligents et les applications dédiées accélèrent sa popularité : les auditeurs se multiplient, les créateurs se diversifient et de nouveaux formats apparaissent.
Pendant plusieurs années, toutefois, l’écoute demeure relativement contraignante : il faut télécharger les épisodes, les transférer sur un lecteur MP3, puis les écouter en différé. Ce n’est qu’avec l’arrivée de l’iPhone en 2007 et la généralisation des smartphones dans les années 2010 que le podcast change véritablement de dimension. L’accès est désormais immédiat : on peut écouter en streaming ou télécharger en un seul clic. La mobilité est totale, intégrée aux déplacements et aux routines quotidiennes. Des applications dédiées, comme Apple Podcasts ou Spotify, en facilitent la découverte, tandis que les recommandations algorithmiques démultiplient la visibilité des contenus. En simplifiant radicalement l’accès, l’écoute et la diffusion, le smartphone transforme alors un format encore marginal en un média de masse, marquant un tournant décisif dans son développement.
Aujourd’hui, le podcast est un média incontournable, utilisé à la fois pour le divertissement et le marketing. En constante évolution, il devrait continuer de se transformer grâce à l’intelligence artificielle, à la personnalisation et à des formats de plus en plus interactifs.
« Bien qu’il soit encore trop tôt pour parler du futur de la baladodiffusion, étant donné son niveau de maturité actuel, il faut tout de même tenir compte du fait que le grand retour dans les bureaux postpandémie fera en sorte qu’encore plus de personnes s’y adonneront dans leurs déplacements, donc une audience encore plus grandissante à venir. Du côté techno, sachez qu’il est maintenant possible pour les podcasters d’avoir recours à AI pour vous aider à monter votre podcast efficacement ainsi que de vous proposer de l’aide en coanimation virtuelle, ce qui change hautement la donne en termes de format et de contenu », commente Marc Saltzman, évangéliste des technologies de l’information et de la communication et grand chef d’orchestre du podcast Tech It Out, qui explique les technologies, les gadgets, les applications, les médias sociaux et les tendances numériques de façon accessible et claire.
QUAND LA PANDÉMIE DÉBARQUE DANS LA MELÉE
Autre moment charnière dans la démocratisation du podcast (roulement de tambour…) : la pandémie de COVID-19. Ce tournant marque un autre jalon clé dans cette trajectoire. Confinés, souvent isolés, les individus se tournent massivement vers les contenus numériques pour s’informer, se divertir et maintenir un sentiment de proximité avec le monde extérieur. Le podcast s’inscrit pleinement dans ce « cocooning technologique » : intime, flexible et accessible, il accompagne les routines domestiques et répond à un besoin accru de présence et de narration. Cette période accélère encore son adoption et consolide sa place dans les habitudes médiatiques contemporaines.
« Pour ma part, j’écoute principalement LEGEND, un podcast français qui donne la parole à tous ceux qui ont des parcours de vie extraordinaires à partager ainsi que Le Gong Show en humour québécois. Je pense que le podcast représente un nouveau média libre, et ça permet d’avoir des formats longs. Par exemple, LEGEND, ce sont des interviews de 60 à 120 minutes, alors que Le Gong Show, c’est de l’humour sans censure avec principalement des amateurs qui n’auraient pas d’audience autrement. Après le fléau des reels, des formats ‘’scroll’’ de 10 secondes, je pense que dans le podcast les gens retrouvent une notion de prendre le temps. Et la télévision et les médias traditionnels sont tellement polarisés…Je suis même rendu que je préfère écouter des nouvelles par des podcasters, comme HugoDecrypt, plutôt que Radio-Canada », explique Alexandre P., gestionnaire chevronné en audiovisuel et technologie du divertissement.