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Lendemain de brosse Guide et astuces

Kim Lavack Paquin
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Loin de moi l’idée de faire l’apologie de la boisson et de prétendre que l’abus du nectar fermenté est bénéfique pour le karma. Mon intention n’est pas non plus de faire la morale à personne et de proposer du kombucha comme panacée à toutes les sortes de soifs. On m’a simplement demandé de partager un peu de sagesse de survie – celle qui ne s’acquiert pas dans un TED Talk ou sur TikTok, mais dans une toilette de camping qui a vu passer des affaires que même les Jésuites n’auraient pas voulu christianiser.

Un lendemain de brosse. C’est pas une légende. Ça arrive. Trop souvent pour certains, mais à tous au moins une fois ou deux. C’est la conséquence connue de s’être solidement torché la veille, s’être pété la face, s’être défoncé la yeule ou, t’sais, pour les plus orgueilleux, après avoir « juste mangé quelque chose qui n’a pas passé »… Bullshit!

Un beau matin qui fait mal, tu te réveilles magané en sale, la tête dans l’cul, la plotte à terre et scrapé ben raide. Tu te sens comme une vidange, on dirait qu’un char t’a roulé dessus, t’as la tête dans un étau et le cœur sur le bord des lèvres.

Mettons que si le soleil tape trop fort… t’es dans marde.

Prévenir ou guérir

La première chose à comprendre, c’est qu’un lendemain de brosse, idéalement, ça se gère pas le lendemain. Ça se prépare. Le mal est souvent déjà fait au moment où t’es rendu à vomir ta vie en te promettant, la main sur le cœur et la joue collée sur la céramique froide, que c’est vraiment la dernière fois.

Guérir, on y reviendra. Mais, commençons par essayer de prévenir. C’est plus malin. C’est aussi beaucoup plus ancien qu’on pense.

Prévenir

Parce que l’humain, aussi loin qu’il a su qu’il allait boire avec excès, donc depuis le tout début, a toujours essayé de tricher avec les conséquences. Les vieux loups de mer, par exemple, juraient par une cuillère d’huile de foie de morue avalée avant de lever le coude. L’idée étant de « graisser la machinerie », de tapisser l’estomac, bref, de ralentir l’absorption. C’était pas chic, mais quand t’as passé ta vie sur un bateau qui sent le varech, le mazout et le regret, t’apprends vite à prioriser l’efficacité sur le goût.

La variante méditerranéenne de ce truc-là consiste simplement à substituer l’huile d’olive à l’huile de foie de morue. Peut-être moins efficace… mais tellement moins dégueulasse.

En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, certaines traditions parlent plutôt d’infusions d’herbes amères (cumin, coriandre, fenouil) pour « préparer le corps » et aider la digestion avant le chaos.

Au Japon, où l’art de boire frôle parfois la discipline martiale, on a même industrialisé la patente. Depuis des décennies, on trouve des breuvages vendus exprès pour ça, comme l’Ukon no Chikara, une boisson au curcuma censée soutenir le foie avant, pendant ou après une soirée bien arrosée. C’est pas une potion magique, mais l’idée est claire : on sait que ça s’en vient, fait que on se prépare. Pas de panique. Juste de la logistique.

En Europe de l’Est, on mise depuis longtemps sur le gras et le salé. Hareng, cornichons, saindoux, pain noir. Pas pour faire joli sur Instagram, mais pour donner à l’estomac quelque chose de solide à quoi se raccrocher avant l’inondation. En Russie, en Pologne, dans les pays baltes, boire sur un estomac vide serait vu comme une négligence, presque une insulte à la vodka.

Bref, manger avant et pendant – idéalement des protéines, du gras et des féculents – ça ralentit l’absorption et t’évite de « tomber dans l’alcool » comme dans une trappe à ours. C’est pas exotique, mais c’est la base qui revient partout, peu importe la culture ou le siècle.

Conseil d’expert

Ce qui nous amène à mon conseil d’expert (autoproclamé), forgé de maintes recherches empiriques menées dans les dédales d’une vie bien remplie.

Je crois en effet qu’on peut préparer son corps à une brosse un peu comme on s’étire avant une cascade. Ou comme on touche à l’eau avant de sauter, t’sais, un petit splash sur la nuque, question de pas se donner un choc vagal lors d’une entrée à l’eau trop précipitée.

Bien manger avant : Oui
Manger pendant : Oui
Manger après : Oui

Drink au curcuma : Pourquoi pas.
Huile de foie de morue : À tes risques et périls.

Mon petit truc à moi? Deux cachets d’extrait de chardon-marie, deux cachets d’extrait d’artichaut. Est-ce que ça marche? Assez pour que je continue. Est-ce que c’est scientifique? Disons que c’est au moins cohérent avec la tradition humaine d’utiliser les ingrédients que la nature nous donne, à la suite de milliers d’années d’essais-erreurs. Donc, sans être un druide : oui, ça fonctionne.

Mais, comme on dit… tu peux te préparer tant que tu veux. À un moment donné, faut surtout savoir naviguer le parcours.

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