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Shania Twain : La femme qui t’a fait sentir comme une femme, et qui ne s’en excuse pas

Chroniqueur Alexandre Goulet
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– Il y a des artistes qui marquent une décennie. Il y a des artistes qui traversent les générations. Et puis, il y a Shania Twain, qui a simplement décidé que les règles de la célébrité ne s’appliquaient pas à elle et qui a eu parfaitement raison.

 

Commençons par le commencement, parce que l’origine de Shania Twain est en soi un scénario de film hollywoodien qu’aucun producteur n’oserait soumettre de peur qu’on lui réponde « trop dramatique ». Eilleen Regina Edwards, de son vrai nom, naît en 1965 à Windsor, en Ontario. Elle grandit dans la pauvreté à Timmins, une ville minière du nord de l’Ontario où les hivers sont longs, les espoirs parfois courts, et où la country music n’était pas exactement la porte d’entrée vers la gloire mondiale. Sa mère et son beau-père meurent dans un accident de voiture en 1987, la laissant seule à 22 ans avec la responsabilité de ses frères et sœurs cadets. Elle chante alors dans des hôtels et des complexes touristiques pour mettre du pain sur la table. Non pas de façon métaphorique. Littéralement pour nourrir sa famille.

 

Si vous cherchez de la résilience, vous êtes servis. Mais Shania ne s’est jamais présentée comme une survivante; elle s’est présentée comme une gagnante. Nuance capitale.

 

L’arrivée : Quand Nashville n’était pas prêt

En 1993, elle sort un premier album éponyme qui passe relativement inaperçu. Nashville la trouve sympathique. Prometteuse, peut-être. Mais personne ne voit venir ce qui s’apprête à se produire. Deux ans plus tard, en 1995, The Woman in Me débarque et change littéralement la donne de la country music. L’album se vend à plus de 12 millions d’exemplaires dans le monde. Pour une artiste country. Dans les années 90. C’était déjà spectaculaire.

 

Mais Shania n’était pas venue pour être spectaculaire. Elle était venue pour être historique.

 

En 1997, elle sort Come On Over. L’album devient l’album le plus vendu de l’histoire de la musique country, et l’un des plus vendus toutes catégories confondues au monde, avec plus de 40 millions de copies écoulées. Quarante millions. Pour contextualiser : c’est plus que la population du Canada entier. Elle a essentiellement vendu un album à chaque Canadien, plus une bonne partie du reste de la planète.

 

Et elle a fait ça en portant des « crop tops » et des tenues léopard à une époque où la country music portait encore des chemises à franges en s’excusant d’exister. Shania, elle, ne s’excusait de rien.

 

La femme qui redéfinit « crossover »

Ce qui rend la carrière de Shania Twain proprement renversante, c’est qu’elle a réussi l’impossible : être trop pop pour la country, trop country pour le pop et, pourtant, numéro un partout. Les puristes de Nashville grinçaient des dents. Les radios pop tournaient ses singles en boucle. Et le public, lui, s’en foutait complètement des étiquettes. Il chantait That Don’t Impress Me Much dans sa voiture en tapant sur le volant avec une conviction absolue.

 

Elle a inventé, ou du moins popularisé, ce qu’on appelle aujourd’hui la country-pop avant que ce terme soit cool, avant Taylor Swift, avant Kacey Musgraves, avant que Beyoncé décide elle aussi de faire un virage country. Shania Twain a défriché ce territoire quand c’était encore risqué de le faire, et elle l’a fait avec des abs et une attitude qui disaient clairement : « J’ai décidé que ça marcherait, donc ça va marcher. »

 

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