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10 ÉVÈNEMENTS COCASSES

Chroniqueur Michel Bouchard
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Le sport : théâtre d’une quantité presque infinie de drôleries!

Au fil des ans, de nombreuses histoires étranges et cocasses sont venues pimenter l’aura du sport professionnel. Qu’on parle des nombreux partisans nus qui courent sur le terrain, d’un gardien de but de la LNH qui refusait de jouer les soirs de pleine lune, d’un voltigeur qui tente d’attraper la balle et qui passe au travers du mur du champ centre ou d’un José Canseco qui donne littéralement un coup de circuit à l’adversaire suite à un rebond de la balle sur sa tête, le sport est le théâtre d’une quantité presque infinie de drôleries. Dans les pages de votre magazine préféré, on a déjà abordé les histoires les plus drôles de l’histoire du hockey, mais qu’en est-il des autres sports? Voici un palmarès assez amusant sur le sujet.

1- Vite comme l’éclair

Le soccer est le sport le plus pratiqué sur la planète, on y joue dans tous les pays du monde. Pour arrêter un joueur de soccer, c’est très simple, il suffit de l’effleurer et aussitôt, il se jettera au sol en douleur, mais pour arrêter un match de soccer, il faut vraiment une température exécrable. Un peu de pluie et de mauvais temps ne constituent pas des raisons valables pour annuler une rencontre. Un terrain de soccer est une vaste étendue plane et les joueurs qui se retrouvent sur la surface de jeu se veulent une cible idéale pour la foudre.

En 1998 lors d’un évènement présenté à Johannesburg, en Afrique du Sud, durant un match opposant le Moroka Swallows au Jomo Cosmos, alors que le gazon est humide, un éclair vient frapper le sol. Plusieurs des joueurs présents sur le terrain s’effondrent par terre. Trois joueurs perdent apparemment conscience, tandis que d’autres se roulent sur la pelouse, les mains sur les oreilles. La foule de 2000 spectateurs est médusée par cette ambiance pour le moins électrique. Trois joueurs prennent la direction de l’hôpital en ambulance. La partie a été annulée et reportée une dizaine de jours plus tard, car des joueurs du Moroka Swallows, qui tirait de l’arrière 0-2 avec 12 minutes à faire au match, n’étaient semble-t-il plus en mesure de jouer. On parle alors de feintes de la part de ces derniers. La reprise du match se soldera par une nulle (2-2).

Dans le même registre, mais beaucoup plus tragique et où il n’y a rien de drôle, quelques jours après l’incident, et également en Afrique (au Congo), la foudre s’est aussi abattue sur un terrain lors d’un match de soccer opposant Bena Tshadi et Basanga. On rapporte que les 11 joueurs de la formation de Bena Tshadi sont décédés sur le coup, tandis qu’aucun joueur de l’équipe de Basanga n’a été blessé. Il n’en fallait pas plus pour qu’on évoque l’implication de mauvais sorts et de sorcellerie… Ce dernier évènement reste nébuleux, il va sans dire, puisque des témoins contredisent cette version, affirmant que deux joueurs ont réellement perdu la vie (ce qui reste grave) et qu’en effet, les joueurs de l’équipe visiteuse ont tous été blessés.

1- Vite comme l’éclair

Durant les années 1990 et 2000, les frappeurs des Ligues majeures de baseball craignaient tous d’être atteints par une foudroyante balle rapide du lanceur Randy Johnson. Le 24 mars 2001, en septième manche d’un match préparatoire entre l’Arizona et San Francisco, Johnson, qui évoluait alors avec les Diamondbacks, amorce sa motion pour diriger une rapide en direction du frappeur des Giants. À mi-chemin de la trajectoire du lancer, une gentille et douce colombe passait par là. En un tiers de seconde, un nuage de plume s’éleva dans les airs à la stupéfaction de toutes les personnes en ayant été témoins. La balle avait frappé l’oiseau de plein fouet, le pulvérisant sur le coup, rien de moins.

Les règlements officiels du baseball majeur n’avaient aucune précision sur la marche à suivre après un tel évènement, les arbitres ont donc été forcés de faire appel à leur bon sens et à leur jugement, ce qui n’est généralement pas leurs principaux atouts! Quoi qu’il en soit, on a jugé que c’était là une « balle morte », mais à en juger par le contact entre la balle et l’oiseau, la balle semblait se porter beaucoup mieux que le volatile.

3- La bière à 10 cents

« Patron, j’ai une idée, on va vendre la bière 10 cents… » C’est probablement ainsi qu’on a présenté l’idée marketing du siècle au grand patron des Indians de Cleveland en vue d’une partie qui serait présentée le 4 juin 1974. Pour éviter les débordements liés à l’alcool, on a aussi mis en place une règle voulant qu’une seule personne ne pouvait commander plus de six bières à la fois, parce qu’il faut mettre une limite après tout!

En somme, les initiateurs de cette promotion s’étaient fiés sur le savoir-vivre de leurs partisans pour s’assurer qu’il n’y aurait aucun débordement. Leur foi s’est rapidement estompée. Avant la fin de la rencontre, les spectateurs paquetés sont descendus sur le terrain pour s’en prendre aux joueurs de l’équipe visiteuse, les Rangers du Texas. Des joueurs des Indians sont même venus aider leurs adversaires à repousser la foule, armés de bâtons de baseball. Tout a dégénéré et on a alors assisté à une émeute où on a pu s’estimer heureux que personne n’y laisse sa vie… À l’époque, dans sa brillante analyse des faits, le président de la Ligue américaine de baseball a confirmé qu’en effet, la bière avait joué un rôle dans cet évènement… Qui l’eût cru?

4- Batman s’invite dans la NBA

Comment être le héros de 18 500 spectateurs et le paria du groupe PETA? Voici la marche à suivre… Dans une suite d’évènements qui dépassent quasiment le simple hasard, on se dit que cette histoire est trop belle pour être vraie. Pourtant, elle l’est! Le 31 octobre 2009, le soir de l’Halloween, on présente un match entre les Spurs de San Antonio et les Kings de Sacramento. Dans la foule, plusieurs partisans sont déguisés pour l’occasion et on y joue des thèmes reliés à l’Halloween, évidemment. À un certain moment, durant une pause, le disc-jockey de l’amphithéâtre joue le thème de Batman… Quelques secondes plus tard, durant le jeu, une véritable chauve-souris décide d’aller faire son tour sur le terrain. La mascotte des Spurs se présente sur le court avec un filet, déguisée en Batman. Le jeu est interrompu durant de longues secondes. Alors que la chauve-souris vole entre les joueurs et se promène à la hauteur du terrain, elle s’approche de Manu Ginobili, un joueur étoile des Spurs, et oublie à quel point les athlètes ont une longue portée au basketball. En fait, on imagine qu’elle n’en a aucune espèce d’idée.

Ginobili étire le bras et frappe de sa longue main l’animal, qui s’échoue au sol, inerte. Au grand plaisir des spectateurs réunis dans l’amphithéâtre, on peut ainsi reprendre le match, après un petit lavage de mains, il va sans dire.

5- La chimie est importante au baseball

Au baseball, les lanceurs partants se partagent généralement les départs dans une rotation à cinq artilleurs, ce qui signifie qu’un partant travaille un match sur cinq. Ce matin du 12 juin 1970, Dock Ellis, le numéro 17 des Pirates de Pittsburgh, ayant en tête qu’il est en congé, en profite pour faire la fête avec un ami dans la région de Los Angeles. Les deux comparses décident alors que c’est une journée parfaite pour consommer du LSD, ce qu’ils font.

La copine de Dock se rend alors compte, en feuilletant le journal, que c’est ce dernier qui doit lancer ce soir-là. À la hâte, Ellis se rend à l’aéroport et attrape de justesse le vol pour San Francisco pour arriver à temps pour amorcer la rencontre. Même si l’histoire est abracadabrante, il lance le match de sa vie, le rêve de la majorité des lanceurs, même ceux qui jouent dans une ligue de bière (votre humble serviteur en est le plus bel exemple) : une partie sans point ni coup sûr. Un accomplissement digne de mention qualifiable de mémorable pour un lanceur des Majeures, mais un match dont il ne se souviendra à peu près pas par la suite à cause de l’abus de substances qui a marqué la journée. Ce qu’il affirme être l’un de ses plus grands regrets aujourd’hui. Au cours de la partie, il était tellement gelé qu’il avait l’impression d’affronter Hank Aaron, Willie Mays ou Mickey Mantle, que Richard Nixon était l’arbitre au marbre ou qu’il faisait face à Jimi Hendrix armé d’une guitare…

6- The Play

« The Play », c’est ainsi qu’on a surnommé un des jeux les plus étranges et marquants de l’histoire du football universitaire américain. L’évènement se passe en 1982, le 20 novembre pour être plus précis, dans un match opposant les Golden Bears de la Californie contre le Cardinal de Stanford, devant une foule de plus de 75 600 spectateurs.

Au quatrième quart, Stanford prend les devants 20-19 avec seulement quatre secondes à écouler au tableau indicateur, ce qui signifie que la partie est pratiquement gagnée. On doit cependant effectuer un dernier botté d’envoi pour ensuite écouler quatre petites secondes et confirmer le gain. Le ballon est envoyé dans le territoire adverse et c’est là que s’amorce « The Play ». Les joueurs des Golden Bears foncent en direction opposée et à la seconde où l’un d’eux est rejoint en possession du ballon, il y va d’une passe latérale à un coéquipier. On a droit à une poussée irrésistible où on assiste à cinq remises latérales. On remonte le terrain : à la ligne de 50, 40, 30… Le descripteur est à bout de souffle quand soudain il remarque que la fanfare de Stanford est embarquée sur le terrain pour célébrer le gain du Cardinal, ne réalisant pas que le jeu est toujours en cours.

Les joueurs défensifs n’y peuvent plus rien et Kevin Moen a le champ libre vers la zone des buts… ou presque. Moen doit auparavant éviter tous les membres de la fanfare et les partisans pour se frayer un chemin en territoire payant, ce qu’il fait, non sans ramasser au passage le joueur de trombone qui prend la raclée la plus percutante du match. La Californie l’emporte 25 à 20. Le jeu est aujourd’hui considéré comme l’un des plus électrisants de l’histoire du football.

7- Le tour de magie

C’est dans le stade ayant le nom le plus incongru du sport qu’un des jeux les plus étranges du baseball est survenu. Au Hubert H. Humphrey Metrodome de Minneapolis, en 1984, Dave Kingman (des Athletics d’Oakland) y va d’un ballon de routine que l’équipe adverse ne voit aucunement comme une menace. La balle monte dans les airs et les joueurs défensifs des Twins du Minnesota attendent son retour pour confirmer le retrait. On attend… On attend… La balle ne retombe pas, même qu’on la perd. La confusion règne dans le stade. Voyant que la balle ne retombe pas, un joueur des Twins, Mickey Hatcher, prend une balle du sac de l’arbitre, la lance au sol pour faire comme si c’était la véritable balle du match et touche Kingman… Mais l’officiel ne se laisse pas duper. L’arbitre, ébahi par la situation, n’a d’autre choix que d’octroyer un double à Kingman. En fait, la balle disparue comme par magie est retrouvée plus tard, coincée dans le réseau de drainage du toit et est maintenant exposée au Temple de la renommée du baseball comme étant le meilleur trou d’un coup jamais réalisé dans ce sport! Abracadabra!

8- Le bon vieux coup de la patate

Un vétéran artilleur des ligues mineures de baseball, Dave Bresnahan, était reconnu pour son côté joueur de tours. La veille d’un match, Bresnahan utilise son côté artistique pour sculpter une pomme de terre afin de lui donner l’aspect rudimentaire d’une balle de baseball. Le lendemain, il se retrouve au monticule et un coureur est au troisième coussin. Il sort le lapin de son chapeau, ou plutôt la patate de sa poche… Il fait mine de rater un tir pour retenir le coureur du troisième but en lançant la patate hors cible. Lorsque ce dernier, réalisant l’erreur du lanceur, file au marbre, Bresnahan lance la vraie balle au marbre et retire le coureur. Expulsé du match par l’arbitre, qui ne la trouvait pas drôle, Bresnahan se voit également indiquer le chemin de la sortie par son équipe. La patate conservée dans un bocal rempli d’alcool est maintenant un objet de collection!

9- Court et frappe pas

Les règles du baseball sont souvent amendées puisque les joueurs et les gérants trouvent constamment des manières de les contourner. C’est en jouant à la limite de la réglementation que les Browns de Saint-Louis ont utilisé Eddie Gaedel comme frappeur suppléant, le 19 août 1951, dans la seule apparition au bâton au baseball professionnel de ce dernier. Ce faisant, Gaedel devenait, à trois pieds et sept pouces, le plus petit frappeur à obtenir une présence dans l’histoire des Ligues majeures de baseball. Gaedel était le « bat boy » de l’équipe et arborait le numéro 1/8… Il avait pour mission de se présenter au bâton et on lui avait interdit de s’élancer. Comme il était petit et que la zone des prises est variable et adaptée à chaque frappeur, le lanceur a lancé quatre balles hors de la zone des prises, octroyant une passe gratuite à Gaedel, qui a touché le premier coussin pour être remplacé par un coureur suppléant et tirer sa révérence du baseball! En langage de balle, il aura eu droit à une version adaptée du « court et frappe… surtout pas ».

10- C’est ce qu’on appelle « mal tomber »

Le 6 novembre 1993, au Caesars Palace de Las Vegas, on s’attendait à beaucoup de l’affrontement revenge opposant les poids lourds Riddick Bowe à Evander Holyfield; on se demandait si l’un des deux boxeurs allait mettre l’autre K.O. en l’expédiant au pays des rêves avec un solide coup au menton… Au septième round, durant la deuxième minute de l’engagement, sorti de nulle part, arrive James Jarrett Miller, dit le Fan Man. C’est avec un parachute que le Fan Man atterrit dans l’arène. En fait, Miller est resté accroché à une lumière, coincé par son parachute, un pied sur la plus haute corde du ring. Rapidement, des spectateurs le tirent par les jambes et le rouent de coups. Le malheureux parachutiste subit une solide raclée et perd conscience sous les coups des assaillants. Ainsi, Miller est le seul à avoir subi un K.O. lors de ce match de boxe!

(Article publié dans l’édition #142 novembre 2017 – www.boutiquesummum.com)

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