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BARBIÈRES : MODE DE VIE

Chroniqueur Nathacha Gilbert
Interviewée Eve Magnan
Interviewée Jade-Savannah Godin
Interviewée Johanie Durand
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QUAND ON M’A PROPOSÉ DE RÉDIGER UN ARTICLE SUR LES BARBIÈRES, J’ÉTAIS ENCHANTÉE. ÉTANT UNE FEMME DANS UN MILIEU PAS MAL COMPOSÉ D’HOMMES – COUCOU SUMMUM! –, DISONS QUE J’AI UN COUP DE CŒUR NATUREL POUR CELLES QUI PRATIQUENT DES MÉTIERS SOUVENT RÉSERVÉS AUX GARÇONS. BIEN CONTENTE DE VOIR QUE LES CHOSES CHANGENT ET QUE LES ŒILLÈRES S’OUVRENT! ENTRETIENS, DONC, AVEC EVE, JADE-SAVANNAH ET JOHANIE; TOUTES TROIS OCCUPENT UN POSTE DE BARBIÈRE DANS LES BARBERSHOPS LES BARBARES.

Issues de l’univers de la coiffure, les trois filles cumulent de nombreuses années d’expérience dans le métier lorsqu’on en vient à les recruter comme Barbare. Lorsqu’on leur demande comment elles en sont venues à faire le saut du côté des salons de barbiers, ce qui en ressort le plus, c’est la soif de nouveaux défis, le désir d’apprendre autre chose, de voir autre chose. « J’ai travaillé plusieurs années en salon, débute Eve Magnan, l’aînée de mes trois interviewées. J’avais envie de nouveau dans ma vie et être styliste experte en cheveux me passionnait moins… » Eve poursuit en racontant qu’un jour, elle est entrée dans un salon de barbiers et qu’elle y a rencontré une barbière prénommée Pope. « Je l’observais et trouvais qu’elle était dans son élément. La musique, l’ambiance, l’interaction avec ses collègues… ça me parlait. Le travail impeccable qu’elle faisait avec ses clients tout en étant dans une atmosphère ‘’friendly’’ et professionnelle; je me suis dit : ‘’Si je suis pour continuer dans le domaine, je veux être à la même place qu’elle.’’ » Deux ans plus tard, après un passage de quelques années au Mexique, Eve a entamé sa carrière de barbière.

De son côté, Jade-Savannah est pratiquement née avec des ciseaux dans les mains. Sa mère était coiffeuse et avait son salon à sa maison. Dès son plus jeune âge, Jade-Savannah s’amusait à expérimenter les rouages du métier dans les cheveux de ses amies. Elle s’est donc lancée dans des études en coiffure, le moment venu. C’est en pleine formation de « barbering » avec Mathieu Courtemanche, propriétaire des barbershops Les Barbares, que Jade-Savannah a eu le déclic. « À partir de là, j’ai su que ce que je préférais le plus, c’était de faire de ‘’l’homme’’. Mathieu m’a engagée et ce fut le début de ma carrière de barbière. »

Johanie a, pour sa part, hésité longtemps avant de se tremper les doigts dans le monde de la coiffure. « En partie parce que les gens me disaient que ça ne serait pas payant ou encore que je n’irais pas loin là-dedans. J’ai fini par ne pas les écouter et j’ai fait mon cours. Je me suis spécialisée ‘’dans les hommes’’ par la suite et je suis devenue barbière tout en continuant à coiffer des femmes. Quoi demander de mieux? » Étant aussi maquilleuse, si son but premier en débutant dans le métier était de travailler pour la télévision, disons que ses plans ont quelque peu changé depuis. « Mon objectif serait plutôt d’avoir mon propre salon ou bien même un Barbares, pourquoi pas? »

À partir de là, j’ai su que ce que je préférais le plus, c’était de faire de ‘’l’homme’’. Mathieu m’a engagée et ce fut le début de ma carrière de barbière. 

Homme vs femme

Le client se retrouve donc devant la possibilité de faire le choix entre un barbier ou une barbière; il va de soi que, dans un cas comme dans l’autre, il doit y avoir des avantages. De prime abord, mes interviewées me disent qu’en général, les barbières sont peut-être plus délicates, plus douces, que les hommes en ce qui a trait à certains soins prodigués. Mais en termes de compétences, on est vraiment dans la parité, selon elles. « Quand j’ai commencé dans le métier, je me suis posée la question : ‘’Qu’est-ce que je pourrais apporter de plus en tant que femme?’’ La réponse est : la douceur. Encore là, c’est selon les préférences de chacun, mais je crois qu’une barbière peut apporter un côté plus doux et les massages de visage pour ceux qui préfèrent ce genre de service », note Jade-Savannah.

« Je dois avouer que certains clients préfèrent soit un homme soit une femme pour faire leur barbe! Je ne crois pas que ce soit une question de sexisme, mais plutôt parce que certains pensent qu’un homme connaît plus les barbes puisqu’ils en ont une et d’autres préfèrent les femmes parce qu’ils ne sont pas à l’aise de se faire toucher par un homme; ils aiment mieux le contact féminin… C’est plus une question de perspective d’après moi », ajoute Johannie.

Jamais une question de compétences, mais plus de préférences, bref! Une autre question qui me venait en tête était concernant leurs homologues masculins, s’ils pouvaient avoir des préjugés, peut-être, envers elles? Les trois barbières sont unanimes à ce sujet : jamais leurs collègues n’ont eu de préjugés à leur égard. Même que l’ambiance de travail est impeccable, et ce, au quotidien.

Un mode de vie

D’ailleurs, on se rend vite compte de ceci : être barbier, ce n’est pas qu’un métier, c’est un mode de vie. Les journées de travail sont très longues; la musique semble être au centre de leur quotidien et l’art, d’une façon ou d’une autre, est au cœur de leur quotidien. « Je pense que je suis une artiste accomplie, de la musique en passant par les arts », nous dit Jade-Savannah, qui fait aussi partie d’un band. « Tout ce qui est en lien avec l’art, j’en raffole! », avoue pour sa part Johanie. « Je suis une artiste créative, passionnée et curieuse », admet Eve. Trois sur trois; c’est ce qu’on appelle un beau tour du chapeau!

Et qu’est-ce que ça prend pour être une bonne barbière? « Du talents et des connaissances, lance Eve. Être barbière, ce n’est pas seulement de faire de beaux ‘’high fade’’! (Rires) Avec les années d’expérience que je cumule, je connais les différentes morphologies des visages et j’ai eu plusieurs formations en coupes de tous genres. Je suis donc qualifiée pour juger ce qui est l’idéal pour une tête ou une barbe. Je suis toujours à l’écoute de mon client; mon travail, c’est ensuite de proposer et d’appliquer. J’aime voir mon client sortir de ma shop satisfait et être impatient de prendre son prochain rendez-vous. »

Johanie rajoute : « Premièrement, il faut être à l’écoute de son client. Ça prend aussi de l’entregent, il faut être capable de proposer aux clients quelque chose de différent, il faut être sociable. Être une bonne barbière se traduit aussi dans toutes les petites attentions qu’on peut amener à notre clientèle, que ce soit de se souvenir de notre dernière discussion ou simplement d’offrir un bon café ou un verre d’eau. »

« Ça prend aussi un certain talent, renchérit Jade-Savannah. Parce qu’on va se le dire, si le client a un service hors pair, mais qu’il ressort avec une coupe qui n’a l’air de rien, il ne reviendra probablement pas… »

Être une bonne barbière se traduit aussi dans toutes les petites attentions qu’on peut amener à notre clientèle, que ce soit de se souvenir de notre dernière discussion ou simplement d'offrir un bon café ou un verre d’eau.

Une chose est sûre, ceux qui visitent une fois les salons de barbiers ne semblent pas revenir en arrière. « C’est une expérience unique et spécialisée pour eux. C’est 45 minutes sur une chaise où ils en profitent pour relaxer! (Rires) Pourquoi ne pas en profiter? », se questionne Eve. L’ambiance y est également pour beaucoup, d’après Jade-Savannah : « Cette ambiance où tous les gens se parlent entre eux, autant barbiers que clients, et ont du fun à se dire toutes sortes de niaiseries… qui dégénèrent un peu trop parfois! [Ça vaut la peine] Pour ce genre de ‘’bromance’’ qui se développe… »

Johanie pense de la même façon que ses consœurs : « Quand les gars entrent chez nous, ils se sentent à leur place. C’est fait pour eux, que ce soit le look, la musique ou l’ambiance. De plus, un salon traditionnel, souvent, ce n’est pas spécialisé en termes de dégradés pour les cheveux et les barbes, donc certains clients peuvent être déçus. Nous, on est formés pour ça! »

On parle des hommes qui visitent les barbershops depuis le début, mais il y a aussi des femmes qui sont clientes. D’ailleurs, certaines barbières ont conservé de bons contacts avec leurs anciennes clientes, donc elles continuent de se faire coiffer par elles. Mais certaines femmes ont aussi des couples plus garçonnes et font donc affaires avec des barbiers et des barbières.

Avec la façon dont évolue la mode, les hommes se jettent de plus en plus dans les bras des barbiers; ils désirent prendre soin de leur apparence, et leurs cheveux et leur barbe se retrouvent au top de leurs priorités. Si jamais vous désirez tenter l’expérience à votre tour, eh bien soit. Mais attendez-vous à tomber en amour et à ne plus revenir en arrière!

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