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DRAKE

Chroniqueur Frank Grive
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Le Canadien qui a conquis le monde

Plusieurs d’entre nous l’ont connu dans la série Degrassi: The Next Generation – ou l’ont vu, car on sait très bien que vous n’avouerez jamais l’avoir regardée à l’adolescence – dans le rôle de Jimmy Brooks. Puis, il a fait ses premiers pas dans l’industrie du rap! Entretien comme il s’en fait peu avec l’un des Torontois les plus populaires de la planète.

Drake, en 2010, tu venais de vivre un réel succès et tu étais hors de tout doute le nouveau rappeur du moment. Quand on regarde les remerciements et ceux qui ont participé à Thank Me Later, il y a beaucoup plus de producteurs des États-Unis et d’artistes invités et on sent une tendance pop. C’est comme si tu étais allé là et que tu es revenu plus rap dans tes plus récents albums. Oui, je pense que Thank Me Later est arrivé à un moment de ma vie où je ressentais le besoin de me prouver à tout le monde et de prouver que je pouvais faire des chansons avec telle ou telle personne. Je voulais faire en sorte que les gens m’acceptent.

As-tu déjà ressenti que certaines personnes ne te respectaient pas ou as-tu déjà eu des soupçons selon lesquels certaines personnes n’étaient pas sincères avec toi parce que tu viens de Toronto? Non, je ne crois pas que les gens m’ont jugé par rapport à d’où je viens. Je me suis juste toujours naturellement senti comme un « outsider » partout. Je pense que ça vient du fait que, plus tu réussis en musique, plus tu vas te sentir comme un « outsider ». […] Je pourrais venir d’Australie, ou de n’importe où : quand tu commences à bien t’en sortir, les gens te font sentir comme si tu venais d’ailleurs et que tu n’es pas comme eux. Je pourrais être directement un membre de leur entourage et ils me feraient sentir comme si je n’avais pas ma place.
[…]

L’agressivité est une part importante du rap qui, jusqu’à un certain point, lui donne mauvaise réputation. Pourtant, le rock aussi doit être agressif pour fonctionner, tant dans la présentation que dans les paroles. Penses-tu qu’il doit y avoir encore de l’éducation autour du hip-hop et du rap?  Je pense qu’il doit y avoir quelque chose qui soit dit sur le fait que tout le monde veut être LE gars respecté dans la rue par les autres « toughs ». Tout le monde veut être le meilleur parce que l’on fait un type de musique qui est de la pure liberté d’expression et qui tourne beaucoup autour de parler de soi. […] On utilise le rap pour parler de soi aux gens, pour les mettre à jour. En tout cas, moi je le fais! Ma musique est une mise à jour, je ne veux pas parler à travers les médias sociaux. J’aime être en entrevue et que l’on me demande en entrevue, mais je ne veux pas faire ça tout le temps. J’aime mieux dire ce que j’ai à dire en m’exprimant sur un album. Ceci étant dit, je pense que c’est de là que toute cette source de confrontation provient dans notre genre musical, parce qu’entre le moment où je fais un album et le moment où je me retire après, beaucoup de gens disent beaucoup de choses. Ils font leurs récriminations ou, tu sais, quand tu n’es pas dans le cycle d’un nouvel album, il y aura toujours quelqu’un qui voudra ta place. Tu dois donc toujours revenir avec un esprit de conquérant, de vengeance. Toujours. Et j’aime ça. Je suis là pour gagner.

Qu’en est-il de l’inverse de l’agression? Tu es toujours très ouvert à propos de tes émotions et tes vulnérabilités et on t’a beaucoup attribué le crédit pour avoir agrandi les horizons de sujets qui sont aujourd’hui abordés par les rappeurs, particulièrement dans le rap grand public. Comment as-tu réussi, au début de ta carrière, à résister à adopter un style plus dur, typique au genre musical, alors que c’était la norme? Quand j’ai commencé, il y avait quand même pas mal d’options pour les rappeurs. Être dur n’était pas vraiment nécessaire. C’est juste que je suis arrivé à un moment où… en fait, je suis arrivé au moment parfait pour moi, alors que je n’avais pas à devenir quelque chose que je ne suis pas, et je me suis promis très tôt dans ma carrière de tout simplement rester moi-même. […] Est-ce que c’est ça être authentique, être « real »? À vous de décider.

Drake sera de passage au Centre Bell à Montréal les 4 et 5 septembre prochains.

(Lire l’article complet dans l’édition #158 septembre/octobre 2018 –  www.boutiquesummum.com)

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