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FELIPE DEL POZO CÉLÈBRE EN GRAND

Rédactrice en chef Nathacha Gilbert
Interviewé Felipe Del Pozo
Crédit photo (noir et blanc) Courtoisie César Ochoa
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Le relationniste de presse fêtera ses 30 ans de carrière et son 50e anniversaire en 2019

CEUX QUI SONT IMPLIQUÉS, DE PRÈS OU DE LOIN, DANS L’UNIVERS DES MÉDIAS ONT DÉJÀ ENTENDU LE NOM DE FELIPE DEL POZO QUELQUE PART. RELATIONNISTE DE PRESSE DEPUIS 30 ANS, PREMIER RÉDACTEUR EN CHEF DE SUMMUM, IL EST AUSSI DEVENU AMI, AVEC LE TEMPS, AVEC DE NOMBREUSES PERSONNALITÉS PUBLIQUES : ANNIE DUFRESNE, GENEVIÈVE BORNE, ANNE-MARIE LOSIQUE, ET BIEN D’AUTRES. EN 2019, FELIPE DEL POZO CÉLÉBRERA SES 30 ANS DE MÉTIER EN MÊME TEMPS QUE SON 50E ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE. PETITE ENTREVUE AVEC CELUI QUI TRAVAILLE… ENTRE L’OMBRE ET LA LUMIÈRE.

Felipe! Ça fait vraiment plaisir de discuter avec toi aujourd’hui. Et je dois dire que c’est particulièrement drôle que tu te retrouves sur le banc des interviewés alors que, normalement, tu es plutôt derrière ceux que tu me proposes! (Rires) Tellement! J’ai toujours d’ailleurs préféré être de l’autre côté de la clôture; je n’ai jamais « voulu être un artiste! ». Je n’ai jamais recherché à être sous les projecteurs. Au contraire. Je préfère voir les autres au devant. Ma plus grande récompense, c’est de participer à la réussite des autres!

Tu as annoncé en début de semaine la tenue d’un évènement spécial qui marquera à la fois tes 30 ans de carrière comme relationniste de presse et tes 50 ans de vie! Qu’est-ce qui t’amène à tenir une soirée spéciale pour soulignera ces beaux anniversaires-là? Tu sais, devenir père a complètement changé ma vie et ma vision de l’existence aussi. Maintenant, tout ce que je fais, chaque geste que je pose, je le fais en fonction de ma petite fille. Il y a un an, Alexina m’a demandé que je lui raconte une histoire vécue. Déjà à quatre ans, elle voulait tout savoir de mon passé. C’est là que j’ai pris conscience de tout ce que j’ai entrepris ces dernières années. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir vécu chacune des scènes de la nouvelle série Les Invisibles, avoir entendu plus d’une fois les répliques d’Appelez-mon agent, été pris au milieu de folles aventures comme dans Californication ou encore dans les films Get Him to the Geeket Almost Famous. Je veux partager mon parcours avec elle.

Tu es d’origine chilienne; tu es arrivé au Québec à l’âge de cinq ans, en 1974. Qu’est-ce qui vous a amené au Québec, ta famille et toi? Le 11 septembre 1973, le Chili a été durement frappé par un coup d’état militaire. Mes parents, à l’époque, étaient de jeunes professeurs. Ils ont tout de suite eu la certitude que le régime militaire serait sévère et que ce serait mieux de quitter le pays. Ils ont tout abandonné et nous sommes alors arrivés dans la ville de Québec le 11 mars 1974. Je m’en souviens encore : c’était pendant l’un des pires hivers! Quel choc pour nous; la veille de notre départ, on était en plein été au Chili!

Comment se sont passé ton accueil et ton intégration? Et, 45 ans plus tard, qu’est-ce que ça représente pour toi? As-tu encore des membres de ta famille au Chili? Y retournes-tu, parfois? Il paraît qu’on était la cinquième famille de Chiliens dans la ville de Québec. Ici, au début des années 70, l’immigration était encore un phénomène nouveau. Mes parents ont commencé au bas de l’échelle. Mon père a lavé la vaisselle, servi des plats et même chanté dans le restaurant Le Parmesan du Vieux-Québec. Ma mère, elle, faisait le ménage à l’Hôtel Hilton. Quarante-cinq ans plus tard, je te confirme que les Québécois nous ont bien reçus. En novembre dernier, je suis allé au Chili avec ma fille. C’était son premier séjour là-bas. Elle a adoré et veut y retourner chaque année! J’ai une grande fierté de voir qu’elle comprend déjà l’espagnol et qu’elle parle très bien la langue française.

Et cette soirée se fera aussi au profit d’Amnistie internationale. Pourquoi cette cause en particulier? Cette soirée-là, elle doit se tenir sous le signe de la solidarité et de l’entraide, des valeurs que mes parents m’ont inculquées dès mon tout jeune âge. J’ai choisi de saluer l’engagement d’Amnistie internationale, car je sais que c’est grâce à des organismes comme celui-ci que mon pays d’origine, le Chili, a pu se sortir des griffes de la dictature militaire. Et moi, même après 45 ans ici, je n’oublie pas d’où je viens, je ne renie jamais mes racines.

SUMMUM représente beaucoup pour moi et je suis vraiment fier de ce que j’ai fait.

Felipe, les lecteurs de SUMMUM ne s’en souviennent peut-être pas, mais tu as été le premier rédacteur en chef du magazine SUMMUM! Qu’est-ce que ç’a représenté pour toi? Ça représente beaucoup pour moi et je suis vraiment fier de ce que j’ai fait. Le défi à relever était énorme. Il fallait trouver une équipe,  donner le ton au magazine, l’attitude recherchée aux textes et dans les photos, et ce, en très peu de temps. On s’est tout de suite imposés et on a fait parler de nous. C’était ça l’idée : bousculer un peu « l’establishment » des revues locales! J’ai aussi senti rapidement la confiance que le milieu artistique avait en moi. J’en profite pour remercier Virginie Coossa, Mahée Paiement, Caroline Néron et Geneviève Borne; elles ont eu le « guts » de poser pour SUMMUM et de briser bien des tabous!

Qu’est-ce que ça te fait de savoir que le magazine existe encore, 15 ans après ses débuts? Une petite fierté! J’ai été présent pour les quatre premiers numéros : la période de lancement et celle de toutes les batailles! On a osé et on a foncé! Maintenant, SUMMUM semble avoir trouvé une erre d’aller et, surtout, une base solide de lecteurs. La fidélité de vos lecteurs est une belle marque de reconnaissance envers tout le travail que vous faites!

Tu es relationniste de presse comme on disait plus tôt. Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce domaine-là? J’ai toujours été attiré par les coulisses de la production, le « backstage ». J’ai un énorme respect pour les artisans, les créateurs, tous ceux qui ont assez de courage pour monter sur une scène et se dévoiler. Encore aujourd’hui, je suis fasciné par des gérants du calibre de Doc McGhee (Mötley Crüe) et de Chris Murphy (INXS). Pendant ma carrière, j’ai eu l’occasion de côtoyer des bâtisseurs, comme Anne-Marie Losique, Donald K. Donald, Guy Latraverse, Gilbert Rozon, Julie Snyder et Pierre Marchand; j’ai grandi avec eux et je suis devenu un homme à leurs côtés.

Tu disais que ton premier contrat avait eu lieu à l’âge de 19 ans. C’est jeune pas mal! Qu’est-ce que c’était? J’ai eu le privilège de débuter comme assistant aux relations de presse de Marie Barcelo, du temps de l’âge d’or de l’industrie du disque. Elle m’a appris les rudiments du métier. Avec elle, on a même gagné un prix Félix de la meilleure équipe de relations de presse! C’était incroyable travailler avec elle ainsi que Daniel Lavoie, Luc De La Rochellière, François Pérusse et, entre autres choses, Niagara. Je me souviens encore des nuits que j’ai passées à envoyer des fax manuellement et à faire des photocopies pour les dossiers de presse! C’était une autre époque côté technologie aussi!

J’aimerais qu’on joue à un petit jeu. Je te demande lequel de tes contrats a été le plus… et tu me réponds! 

  • Le plus mémorable, encore à ce jour : le 35e anniversaire de Give Peace a Chance de John Lennon et Yoko Ono pour Amnistie internationale. Enregistrer une nouvelle version de ce classique, dans la chambre du « bed-in » au Fairmont Le Reine Elizabeth, avec David Usher, Jonas, Nanette Workman et… Justin Trudeau! Tout ça, en moins de 12 heures!
  • Le plus marquant dans ta vie : Anne-Marie Losique! Elle m’a fait signe lors du lancement de son émission Sex-Shop. Elle m’a demandé si je voulais faire les relations de presse de cette émission au concept avant-gardiste, car TQS avait peur de faire sa promotion. Depuis, on a fait les 400 coups ensemble : lancé un album, un livre, une chaîne de télévision et, récemment, on a annoncé l’arrivée de la société MARC DORCEL en Amérique du Nord. J’aime son audace et sa fidélité.
  • Le plus difficile à compléter : The Old Man and the Sea, gagnant de l’Oscar du meilleur film d’animation en 2000. Être en charge des relations de presse à l’échelle internationale pour un court-métrage produit à Montréal par une petite boîte, c’était complètement fou. Faire du booking de mon bureau de Griffintown avec les plus grands médias des États-Unis, ça, je ne l’oublierai jamais!
  • Le plus lucratif : on ne devient pas riche en étant attaché de presse! J’aurais pu abandonner à plus d’une reprise, tourner le dos à ce métier qui est extrêmement prenant, mais je ne l’ai pas fait. Je ne suis pas carriériste ni assoiffé de reconnaissance.
  • Le plus étrange : Zombie Boy au Melting Pot Block Party de Juste pour rire. Il était un gars très sensible, honnête et à la fois grandement incompris. Je l’ai beaucoup aimé et son décès m’a fait de la peine.
  • Le plus drôle : … Les plus drôles, et j’ajouterais aussi les plus francs, authentiques et directs comme un coup de poing : Pierre Falardeau et Claude Péloquin. Ces deux hommes me manquent cruellement. Je les écoutais parler avec un tel respect. Ils étaient vrais et solides comme des rocs. Qu’ils reposent en paix, là-haut.

Felipe, ton boulot te demande de travailler beaucoup dans l’ombre. Qu’est-ce qui est le plus difficile, tu crois, dans le domaine que tu as choisi? Savoir rester humble, calme et à l’écoute des autres. L’humilité est primordiale dans ce boulot. Et je dirais aussi garder son authenticité et son sourire en tout temps malgré les grands égos de ce milieu!

Comment les réseaux sociaux ont-ils changé ta façon de travailler? Je dois être plus flexible et, surtout, plus ouvert. Les médias traditionnels (radio, télévision et presse écrite) ont des standards de qualité précis et établis. Avec eux, on sait dans quoi on s’embarque, ce qu’on aura en retour, disons. Mais avec les « influenceurs » et les « blogueurs », je dois établir un contact personnalisé avec chacun d’entre eux, car leur réalité est toute autre. J’ajouterai que l’arrivée des cellulaires et des réseaux sociaux fait aussi en sorte que nous sommes pratiquement en poste 24/7!

Qu’est-ce qui s’en vient de beau pour toi en 2019? Je vais continuer à toucher du bois : j’ai l’impression de rajeunir! Je me sens plus en forme que jamais, je suis bien dans ma peau et, surtout, heureux de la reconnaissance de mes pairs à mon endroit. Si tout va bien, j’aurais un autre weekend du Grand-Prix de Formule 1 complètement spectaculaire avec des évènements à couper le souffle! Je vous tiens au courant, promis!

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POUR ASSISTER À SA SOIRÉE D’ANNIVERSAIRE

  • Quand : 21 février 2019 – 18 h
  • Où : Rosewood, 60, rue St-Jacques Ouest, Montréal
  • Entrée gratuite; invités spéciaux sur place
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