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PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Martin Bois
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Ou l’apparition des grandes guerres mécanisées

Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les conflits majeurs qui s’étaient déroulés sur le sol européen ou nord-américain s’étaient tous livrés à coups de sabres, de revolvers ou de carabines équipées de baïonnettes. Le cheval demeurait l’équipement de guerre numéro un de l’armée en termes de force de frappe rapide. Il n’y avait pas de tanks, pas d’avions, pas de navires à coque d’acier, et les rares sous-marins qui existaient étaient ni plus ni moins que des tonneaux de whisky submersibles chargés de bombes. Bref, c’était assez rudimentaire.

En 1914, lorsque le conflit éclate entre la Serbie et l’Empire austro-hongrois, la Terre a tourné depuis l’époque des guerres napoléoniennes et les règles ont légèrement changé. Le progrès industriel est passé à l’avant-scène. Au plan militaire, c’est une révolution. On passe de l’artisanat à la fabrication en série! Avec la mécanisation, il devient maintenant possible de produire des objets d’acier en abondance et en un temps de production jamais vu auparavant. Les méga-usines, qui avaient poussé comme des pustules autour des villes, pouvaient à présent fournir en quantités industrielles des équipements militaires, des munitions, des poisons comme le gaz moutarde, le cyanure ou l’anthrax pour alimenter les besoins d’une guerre d’envergure internationale. La table était mise…

* Consulter notre ligne du temps dans la version papier du magazine.*

Mata Hari - L'agent H21

Il était une fois une petite fille nommée Margaretha Geertruida Zelle qui rêvait d’être une princesse. Elle devint Mata Hari. Pour un bref instant dans le cours de l’histoire, les hommes d’Europe, sur le point de se sauter à la gorge, la regardèrent et furent à ses pieds. Dotée d’un pouvoir de sensualité extrêmement magnétique, Mata Hari sut user de ses charmes pour obtenir les confidences des hommes les plus puissants de la planète.

Le 13 mars 1905, à la demande expresse du collectionneur français Émile Guimet, Mata Hari, alors âgée de 29 ans, exécute un numéro de danse orientale dans la bibliothèque du Musée des arts asiatiques de Paris. Guimet, à l’évidence complètement sous le charme de la jeune femme, fait décorer pour l’occasion la bibliothèque à la manière d’un palais byzantin avec coussins et voiles colorés. Mata Hari exécute alors pour lui le premier strip-tease public depuis que l’Europe commence à s’émanciper du rigorisme sexuel de l’époque victorienne. Elle fait immédiatement sensation. En franchissant le tabou de la nudité publique, elle est propulsée au sommet de la gloire. Son ascension soudaine attire toutefois l’attention des gens dont le travail est de reconnaître les individus qui sortent du lot afin de voir s’ils peuvent être utilisés dans le conflit qui s’annonce. On surveille ses allées et venues dans le jet-set de l’époque. Là où les gros bonnets négocient en fumant le cigare et en buvant du cognac.

Malheureusement, la Première Guerre mondiale éclate. Et, malheureusement pour Mata Hari, la guerre n’épargne personne. Pas même les idoles. Les choses commencèrent à déraper quand sa liaison amoureuse avec un officier allemand fut dévoilée au grand jour dans la presse. Les esprits français déjà surchauffés par la propagande nationaliste à l’aube de la guerre voyaient ça comme un acte de trahison envers le pays qui l’avait accueilli et porté aux nues. Entre 1912 et 1916, elle devint passée de mode.

Le déclin s’accentua. Ayant longtemps été habituée à un train de vie fastueux, la belle fut déstabilisée lorsque les hommes riches qui l’entretenaient lui coupèrent les vivres. Égorgée par ses dettes, elle dut se résoudre à se prostituer et à se produire dans des spectacles érotiques de bas étage.

Entre en scène le Service de contre-espionnage français. La surveillance a porté fruit. Les hommes qui la contactent ont compilé un dossier sur elle et savent que son don pour les langues, que ses contacts politiques interlopes et que son pouvoir de séduction sont des atouts qui pourraient servir les intérêts de la France. Alors, ils lui proposent un travail.

Après un cours de préparation comme agent de terrain en 1915-1916, on lui confie sa première vraie mission. La jeune fille qui autrefois rêvait d’être une princesse était maintenant devenue une aventurière qui allait s’immiscer dans les couloirs et les chambres à coucher des châteaux. Là où se tenaient les gros joueurs qui pariaient sur l’issue du conflit.

Quand il devint évident qu’elle glanait des informations ici et là, qui une fois rassemblées et divulguées auraient pu mettre à mal la structure du secret autour des agissements des vieilles familles d’Europe, celles qui tenaient les cordons de la bourse servant à alimenter la machine de guerre, on décida de l’accuser d’espionnage pour le compte des Allemands. Après un procès militaire où elle ne reçut qu’une défense judiciaire symbolique, on la fit passer devant le peloton d’exécution le 15 octobre 1917.

(Lire l’article complet dans l’édition #162 mars/avril 2019 – www.boutiquesummum.com)

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