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ROBBY JOHNSON

Chroniqueur Véronique Racine
Photographe Patrick Séguin
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PHÉNOMÈNE DE LA MUSIQUE COUNTRY

Robby Johnson a l’un des parcours d’artiste les plus impressionnants. Depuis qu’il a été remarqué par le célèbre producteur Jimmy Nichols, il carbure au succès. Évoluant dans l’industrie du country aux États-Unis, il sera en spectacle chez lui, en Beauce, au mois de décembre. Il viendra nous présenter son premier album Don’t Look Back, qui a atteint le Top 30 country des radios américaines en plus de générer près de trois millions de visionnements sur YouTube. Aucun doute, il était sous une bonne étoile. C’était son destin. Le showbusiness l’a choisi!

Allô Robby, on est content d’avoir de tes nouvelles, on s’ennuie de toi au Québec! Comment ça se passe à Nashville? C’est sûr que ma famille et moi s’ennuyons tout le temps du Québec. Mais ça se passe super bien quand même à Nashville. On est en train de préparer la sortie de mon prochain single radio, le vidéoclip pour la chanson Together vient de se terminer et j’ai très hâte de vous le présenter! Ce qui est l’fun c’est que le premier vidéoclip, je l’ai fait en Jamaïque, le deuxième à L.A. et, maintenant, je peux imposer un peu plus mes choix, alors mon prochain a été tourné au Québec.

Je sais que tu as très hâte de présenter TogetherC’est une ballade et c’est un pari risqué… ce genre de chanson, c’est toujours plus difficile d’en faire la promotion radio, mais nous, ma femme et moi, y croyons vraiment. On a toujours de très bons commentaires sur les réseaux sociaux et en spectacle; les gens chantent les paroles. On le voit aussi sur les sites web, elle fait partie des chansons les plus téléchargées… On y croit et on fonce!

Peut-on dire que ta femme Pier-Anne croyait plus en ton potentiel que toi? Est-ce un peu grâce à elle tout ce qui t’arrive? Définitivement! Elle m’entendait chanter et elle me voyait composer des chansons. Durant une certaine période, elle a remarqué que je semblais moins heureux. Elle voulait me faire plaisir et elle m’a fait le cadeau d’un enregistrement en studio. C’était pour faire le démo d’une chanson que j’avais composée. Tout a commencé comme ça.

Croyais-tu que c’était un rêve lorsque le producteur Jimmy Nichols t’a contacté? C’était tellement surréel. Il travaille avec les plus grands (Faith Hill, Tim McGraw). Je vais vous raconter… Ma première journée à Nashville, je suis avec Jimmy Nichols, il m’amène dans un studio et il me fait chanter. Ensuite, on se déplace dans un autre studio, il y avait une session d’enregistrement avec le joueur de guitare de Garth Brooks et le drummer d’Elvis; je croyais rêver. Une fois reparti, je suis avec Jimmy Nichols dans son auto et Frank Myers appelle. C’est lui qui a gagné un Grammy Awards pour la chanson I Swear. Il voulait quelqu’un pour chanter une chanson écrite avec Chris Young. Soudainement, il m’offre cette occasion unique… C’était Together, qui est mon prochain single.

Tu étais sous une bonne étoile… Souvent les gens me disaient que les astres étaient alignés, mais tu sais, ma femme Pier-Anne est super positive et nous savons ce que nous voulons. Quand on est arrivés à Nashville, les gens nous disaient que ça ne fonctionnait pas ainsi : « Tu ne joueras pas à la radio comme ça, tu n’auras pas de chansons d’auteur-compositeur à succès, tu ne passeras pas à la télé. » Finalement, tout ce qui n’arrive pas habituellement est arrivé.

Peux-tu nous parler des sacrifices que tu as dû faire pour te rendre là et ceux que tu dois faire encore tous les jours? Famille, amis, zone de confort… (Rires) Et à ne pas négliger, le côté shape. Faut se mettre en forme, nous sommes un produit dans ce milieu-là… faut être plaisant à regarder. Lorsque j’ai commencé, Jimmy Nichols a été très clair. Il parlait de Kenny Chesney et de ses débuts. Ça ne fonctionnait pas du tout, ça ne collait pas son affaire. Un moment donné, Kenny a demandé à Tim McGraw pourquoi sa carrière ne levait pas. McGraw lui a dit qu’il était gras et qu’il devait se mettre en forme. L’album suivant, sur la pochette, il avait une camisole et on voyait qu’il avait pris soin de lui. Et la vente des albums a monté en flèche. Alors quand je suis arrivé à Nashville, on m’a clairement dit que je devais perdre mon ventre. (Rires)

CHAQUE ANNÉE, C’EST ENVIRON 3000 ARTISTES QUI SE DÉPLACENT À NASHVILLE POUR ESSAYER DE PERCER. UN POUR CENT DES CHANTEURS ONT LA CHANCE DE DEVENIR POPULAIRE

Pourquoi la concurrence est si grande dans l’industrie du country? Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’aux États-Unis, tout le monde grandit avec la musique country. C’est naturel pour eux de vouloir faire ça. Chaque année, c’est environ 3000 artistes qui se déplacent à Nashville pour essayer de percer. Un pour cent des chanteurs ont la chance de devenir populaire.

Tu as eu la chance d’interpréter ton extrait South Of Me au Late Show de David Letterman. Peux-tu nous dire quelque chose que l’on serait étonné d’apprendre sur l’émission? David Letterman ne parle à personne. Il est enfermé à son poste de travail. Quand il sort de son bureau, tout est bloqué. Les marches qu’il emprunte sont fermées. Il ne veut pas croiser qui que ce soit. Mais, pendant l’émission, il est super sympathique. Il est très vif, il a beaucoup de répartie. J’ai été super bien reçu.

Tu « deales » comment avec tes mille et une admiratrices… ça ne doit pas être facile? (Rires) C’est l’fun de voir des beaux yeux qui te regardent. Tu travailles, tu vas au gym, tu fais attention à ce que tu manges… et ça, c’est une belle dose d’amour. Parfois, il y a les décolletés plongeants qui me font oublier mes paroles, mais ça va quand même bien. (Rires) Le plus drôle, c’est que ma conjointe n’est vraiment pas jalouse, c’est elle qui vient de me rappeler l’anecdote de la fois où j’ai signé un autographe sur le sein d’une fille.

Ton vrai nom est Sylvain Robitaille. À part la raison marketing, pourquoi as-tu décidé de t’appeler Robby Johnson? J’ai changé de nom, car je n’ai jamais vraiment aimé mon nom de famille. Mes enfants ne portent même pas mon nom de famille. Ils signent « Lachance », le nom de ma conjointe. Mon beau-père, Hugo Lachance, est tellement une bonne personne, il a le cœur sur la main et il méritait que nos enfants portent son nom. Si vous remarquez, je suis quand même allé chercher « Robi » de Robitaille. C’est aussi à cause d’Alys Robi qui était la cousine de mon grand-père. Elle m’a donné la fierté de porter ce nom-là.

Questions sur NASHVILLE

L’endroit que tu aimes le plus?
Être en studio. Il y a le Starstruck Studios où c’est magnifique et grandiose et il y a aussi Ocean Way, c’est une ancienne église et le son y est donc très particulier.

Le meilleur resto?
Pour moi, c’est le Chuy’s. C’est un restaurant mexicain. Ils ont des tortillas-chips incroyables et la meilleure sauce… la creamy jalapeno!

Le meilleur show country que tu as vu?
Celui avec Kenny Chesney et Tim McGraw.

Quelque chose que l’on serait surpris d’apprendre sur l’endroit?
Nashville est un petit endroit, mais c’est la ville avec la plus forte croissance au pays. Il y a beaucoup de richesse. C’est en construction partout. C’est l’endroit où les gens ont le meilleur pouvoir d’achat.

LA CHANSON…

… que tu aimerais avoir composée?
Country Roads. C’est la chanson fétiche du country.

… qui te donne envie de faire un roadtrip?
Mr. Jones de Counting Crows

qui te rend émotif?
The House That Built Me par Miranda Lambert, une chanson qui me renvoie directement à l’enfance.

… qui t’a fait adorer le country?
Garth Brooks et sa chanson The Dance.

… qu’on serait étonné de savoir que tu aimes?
What Is Love de Haddaway.

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