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Sortir des sentiers battus… à New York

Chroniqueur Carl Rodrigue
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Après avoir séjourné à Paris, Prague, Hong Kong, Rio de Janeiro, Moscou et Istanbul, nous mettons aujourd’hui le cap sur New York. Plus grande ville des États-Unis depuis plus de deux siècles, Big Apple regorge de sites touristiques renommés à travers le monde : la statue de la Liberté, l’Empire State Building, le pont de Brooklyn, Times Square ainsi que Central Park, le terrain de jeu par excellence des New-Yorkais.

Reste que ces lieux sont bondés de touristes. Pour les éviter tant que faire se peut, nous vous invitons une fois de plus à sortir des sentiers battus…

New York en kayak

Suivons le conseil de Céline : « Take a kayak! » et débutons notre périple new-yorkais non pas dans les rues de la métropole, mais bien dans les eaux de l’Hudson River et de l’East River. Tandis que les touristes se ruent au sommet de l’Empire State Building en faisant une file pouvant durer plus de trois heures, le kayak constitue l’alternative opposée, soit d’obtenir un coup d’œil sur les gratte-ciel d’autant plus impressionnants que vous ne pouvez pas les contempler de plus bas. Il existe quatre baies pour faire du kayak, dont l’une sur l’East River d’où vous pourrez également admirer la statue de la Liberté et le pont de Brooklyn. Chacune de ces baies est protégée de la circulation maritime et on y retrouve tout l’équipement nécessaire allant des kayaks aux vestes de sécurité, voire même jusqu’à la crème solaire.

East Village speakeasy PDT

En première position du palmarès des 50 meilleurs bars du monde selon Drinks International, une publication consacrée à l’industrie des spiritueux, du vin et de la bière, on retrouve le bar PDT ou « please don’t tell » (ne le dites pas) de l’East Village. Ce bar est peu fréquenté des touristes en raison de son entrée secrète; il faut en effet y accéder via une ancienne cabine téléphonique située dans le Crif Dogs, un comptoir à hot dog tout ce qu’il y a de banal. Outre son ambiance clandestine, le PDT est aussi réputé pour sa longue liste de boissons originales incluant sa spécialité : les cocktails d’absinthe.

Jekyll & Hyde Club

Tout peut arriver au Jekyll & Hyde, clament les tenanciers de ce restaurant de Midtown. Outre l’ambiance délibérément angoissante des lieux, on y compte une boutique de souvenirs incluant diverses curiosités comme des collections d’insectes et de papillons, des crânes et des squelettes ainsi que des chapeaux et des t-shirts. Après avoir accepté de dégager l’établissement de toute responsabilité, les plus téméraires pourront mettre les pieds dans la chambre des horreurs. Espace sombre et humide, bruits inquiétants, lumières stroboscopiques et machine à brouillard : tout est mis en place pour vous donner la chair de poule.

Morbid Anatomy Library

Plus mystérieux, voire macabre, est ce musée situé à Brooklyn qui rassemble des spécimens fossilisés, momifiés ou simplement photographiés de cadavres en tout genre. Vous en apprendrez entre autres sur les principaux changements d’attitude de l’homme face à la mort comme cet étrange attrait pour les photos post-mortuaires au 19e siècle qui consistait à revêtir les cadavres de leurs plus beaux habits et de les photographier dans une chaise ou un lit avant de les enterrer. Ce musée abrite aussi des organes dans le formol et des reproductions de cire de membres déformés. Une visite que certains trouveront dérangeante… et d’autres carrément terrifiante.

Hart Island

Rien de moins que le plus grand cimetière public du monde avec ses 850 000 sépultures, Hart Island est une île jouxtant le Bronx dont elle fait techniquement partie. Elle servait autrefois de camp aux prisonniers de guerre et a aussi abrité un asile de femmes, lequel est aujourd’hui abandonné. Si les plus vieilles tombes qu’on y trouve datent de la guerre de Sécession, de nos jours, les enterrements de masse – effectués par les détenus de la prison de Rikers Island sous la surveillance du ministère des Services correctionnels – sont octroyés à ceux qui ne peuvent s’offrir de funérailles privées ou dont les corps n’ont pas été réclamés par leur famille. Fait à noter, environ 50 % des corps qui y sont enterrés sont ceux d’enfants de moins de cinq ans décédés dans les hôpitaux de New York.

City Hall Station

Datant de 1904, cette station de métro aujourd’hui oubliée est dotée d’une voûte en tuiles et de puits de lumière en verre qui valent le détour. Toutefois, comme elle constitue une courbe située en fin de parcours, les trains de plus en plus longs ont fini par ne plus pouvoir s’y rendre, ce qui fit en sorte qu’elle fut officiellement condamnée en 1945. Jusqu’à tout récemment, le seul moyen d’en contempler la beauté était donc de demeurer caché dans le train après le dernier arrêt, ce qui permettait de s’y rendre tandis que celui-ci faisait demi-tour avant de repartir en direction opposée. Médias sociaux aidant, ce petit secret s’est vite propagé faisant en sorte que de plus en plus de gens ont voulu y jeter un coup d’œil. Si bien qu’aujourd’hui, la Metropolitan Transportation Authority permet aux gens de demeurer à bord des wagons au lieu de les contraindre à descendre en fin de parcours.

Roosevelt Island en téléphérique

Baignant dans l’East River, on retrouve Roosevelt Island réputée pour son phare datant de 1872, son parc dédié au président Roosevelt et sa tranquillité; l’île ne comptant à peine que 12 000 habitants. Bien que l’on puisse y accéder en voiture, en autobus et en métro, c’est en téléphérique – celui-là même que l’on a vu dans le film Spider-Man – qu’il est préférable de s’y rendre. D’une longueur de près d’un kilomètre et aussi abordable qu’un billet de métro, ce trajet vous confèrera une vue magnifique sur Manhattan. L’idéal est d’y aller en fin d’après-midi, d’observer le coucher de soleil au parc, puis de le reprendre le soir, ce qui vous donnera deux points uniques en leur genre sur la ville.

Trapeze School New York

Quoi de mieux pour affronter son vertige que de se lancer dans le vide! C’est ce que vous propose l’école de trapèze de New York située dans le port maritime de South Street et qui se consacre à rendre ce sport accessible à toute personne prête à relever le défi. Dans un premier temps, vous serez invité à affronter vos craintes des hauteurs en sautant sur un trampoline géant. Puis, une fois la glace brisée, vous pourrez jeter un coup d’œil aux prouesses des instructeurs et de leurs élèves d’un jour avant de vous lancer à votre tour dans le feu de l’action… muni d’un harnais et au-dessus d’un filet de sécurité bien sûr! L’école est ouverte le printemps et l’été, mais il est préférable de réserver avant de s’y rendre.

5Pointz

Considéré comme la mecque des graffitis, 5Pointz est en quelque sorte une gigantesque toile de 200 000 pieds carrés à même les murs extérieurs d’une usine abandonnée, sur laquelle tous peuvent en principe venir exercer leur art. En principe, car n’y peint pas nécessairement qui veut. Les responsables de l’endroit comprennent bien que plus belle sera la muraille, plus elle restera longtemps en place, ce pourquoi les meilleurs endroits sont réservés aux graffiteurs accomplis tandis que les novices obtiennent la permission de peindre sur des zones qui ne sont pas protégées et qui vont donc être réutilisées plus ou moins rapidement selon la qualité de l’œuvre.

Broadway en matinée

Beauty and the Beast, Cats, Les Misérables, Miss Saigon, The Phantom of the Opera! Vous avez toujours rêvé de voir l’une de ces pièces sur Broadway? Il existe un secret connu de bien des New-Yorkais, mais de très peu de touristes : les comptoirs TKTS qui offrent aux amateurs de théâtre la possibilité d’obtenir des billets en réduction de 20 % à 50 %. Tandis que la plupart des gens se dirigent vers le bureau de Times Square et attendent dans des files qui bien souvent sont monstrueuses, les acheteurs avisés se rendent aux comptoirs du Metrotech de Brooklyn et du port maritime de South Street qui écoulent les billets restants pour des spectacles en soirée le jour même et les billets pour des spectacles en matinée, la veille de la performance. Avec des dizaines de productions chaque jour, il y en a pour tous les goûts!

(Article publié dans l’édition #116 mai 2014 – www.boutiquesummum.com)

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