Exclusif web

La vente à pression… avec pression

Présenté par :
Chroniqueur Alexandra Bérubé
Entreprise IROCK 247
Partager

La nouvelle solution branchée pour les mamans au foyer…

Êtes-vous comme moi, bombardée de tous bords tous côtés par des représentants de diverses entreprises via les réseaux sociaux?

« Achète ci si tu veux maigrir! » « Achète ça si tu as besoin de repos! » « Achète ci pour avoir une pousse de cheveux clairement démesurée! » « Ou ça pour enfin perdre ton gras de bingo sous les bras! »

Ces compagnies utilisent un stratagème qui fonctionne à merveille en ciblant, entre autres choses, les divers complexes des femmes. En d’autres mots, ces entreprises abusent sournoisement de la naïveté des gens.

Plusieurs personnes soupçonnent que ces entreprises web sont illégales, mais qu’en est-il vraiment?

Depuis de nombreuses années, la vente pyramidale est punie par la loi. Maintenant, nous sommes dans l’ère de la vente « à paliers multiples ». Quoique le principe se ressemble énormément, la vente à paliers multiples est légale, et ce, uniquement si certaines règles sont respectées.

C’est un débat sur lequel je pourrais élaborer longuement, mais j’ai préféré en connaître davantage sur le métier de représentante pour l’une de ces compagnies. Pour ce faire, j’ai discuté avec Marie-J, ancienne représentante pour une de ces compagnies à paliers multiples.

Marie-J, quand as-tu commencé à travailler pour cette compagnie? En juin 2017. En fait, il y a avait supposément une belle opportunité puisque la trousse de départ était à 20 $ au lieu de 160 $, donc c’était l’occasion parfaite pour tester les produits. Puis, finalement, aussitôt que tu achètes la trousse, tu tombes dans l’engrenage; toutes les représentantes viennent t’écrire et ça part comme ça…

Avez-vous une formation pour expliquer les produits que vous présentez? Chaque mercredi soir, 19 h 30, nous assistons à une « conférence » pendant 1 heure de temps à se faire « brainwasher » pour savoir comment approcher les gens. Nous ne devions pas approcher des gens avec une tête forte pour ne pas se faire confronter. Si c’était le cas, nous avions comme directive de les bloquer directement et de se retourner vers quelqu’un de plus « facile »… comme les mamans qui viennent d’avoir un enfant et qui souhaitent perdre leur gras de grossesse.

Est-ce un emploi payant? J’avais une rentrée d’argent, mais par rapport au temps que je passais devant mon ordinateur ou mon téléphone, ce n’étais pas rentable.

Comment fonctionnait la rémunération? Tu obtiens un pourcentage sur chaque produit vendu et celle qui t’enrôle dans cette entreprise se fait un pourcentage sur tes ventes.

Comment fonctionnaient les ventes via les réseaux sociaux? Je devais faire trois publications par jour; deux sur les produits offerts et une pour inciter les gens à devenir représentants. Les jeudis, je devais en faire plus, car c’était le jour de paye. J’avais des heures précises pour les faire et les textes était déjà faits à l’avance.

[Ça explique le bon nombre de publications que l’on retrouve sur notre fil d’actualité.]

T’es-tu déjà sentie angoissée ou stressée par ce travail? C’est surtout qu’on a énormément de pression venant des gens au-dessus de nous! Ils nous disent qu’on n’a pas de quota de ventes, mais c’est faux! Nous avions un minimum de ventes à faire chaque mois, sinon, on ne recevait pas notre commission!

Bref, la ligne est mince entre la compagnie pyramidale qui est illégale et cette nouvelle méthode de ventes dite « à paliers multiples ». En conclusion, pour en retirer un bon profit, ces femmes doivent être sans cesse à la recherche de nouvelle clientèle via les réseaux sociaux, avec la constante pression infligée par les gens des paliers supérieurs. Ce n’est donc pas un emploi à temps plein, mais bien une façon d’arrondir les fins de mois…. Mais à quel prix!?

Avant même de penser à faire carrière à titre de représentante, et ce, même si le système vous semble légal, prenez quand même certaines précautions :

  • Se renseigner sur l’entreprise, ses dirigeants et ses employés;
  • Consulter les dépliants, contrats et rapports annuels de l’entreprise;
  • Évaluer le potentiel commercial du produit ou des produits, les marchés et considérer les produits équivalents, mais moins dispendieux;
  • Vérifier auprès de l’Office de la protection du consommateur (1 888 672- 2556) et du Bureau d’éthique commerciale (514 905-3893) si l’entreprise a déjà fait l’objet de plaintes;
  • Consulter un avocat avant de signer tous documents ou d’investir une somme d’argent.
  • Ou porter plainte, tout simplement!
Partager

Recommandés pour vous

PROCHAIN ARTICLE
Archive

La rédac' : L'amour avec un grand « swipe »