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LES GRANDS DÉBUTS DU RAP

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En 2018, le hip-hop est partout. La mort d’un nouveau rappeur monopolise toutes les tribunes, tout comme la sortie d’un nouvel album de Jay-Z ou de Kanye West. Des nouveaux styles de hip-hop font surface grâce à des nouveaux artistes comme Ho99o9, Death Grips, Young Fathers ou clipping. Cependant, pour bien saisir l’ampleur du mouvement, il faut retourner à la base. SUMMUM vous propose ce mois-ci un retour dans le temps allant de la naissance du hip-hop à son âge d’or, au début des années 90.

Les signes avant-coureurs (1920-1970)

C’est dans les chants d’esclaves de la fin du 19e siècle que l’on retrouve les premières influences du hip-hop, surtout dans la nature revendicatrice des propos qui se trouvent dans ces chants. Pour le reste, la culture s’est tranquillement mise en place des années 20 à aujourd’hui, notamment grâce à l’évolution du soul et du funk. James Brown et surtout Gil Scott-Heron sont considérés comme les parrains du hip-hop, notamment grâce aux « spoken words » qu’ils utilisent dans certaines pièces, alors que le beat continue.

Les années 70

Le hip-hop naît dans le Bronx, à New York en 1973, lors d’une fête d’anniversaire durant laquelle Clive Campbell, alias DJ Kool Herc, mixe les sons de deux tables tournantes en étirant les beats et en faisant du freestyle dans le micro. Parmi l’assistance des fêtes où se produit Kool Herc, se trouvent Grandmaster Flash, Grandmaster Caz et Afrika Baambaataa. Ceux-ci ne tarderont pas à commencer à proposer leur propre version de cette musique fascinante. Un peu plus tard, en 1975, DJ Grand Wizard Theodore invente accidentellement le « scratch » en tentant d’arrêter un disque de jouer pendant que sa mère lui parle. Une erreur qui marquera la culture au fer rouge, le scratch étant au hip-hop ce que les solos de guitare sont au rock classique. Puis, en 1978, Kurtis Blow devient le premier artiste hip-hop à obtenir un contrat avec une importante maison de disques. L’industrie de la musique invente le terme « rap » pour parler de cette musique, ce qui a pour effet de porter l’attention sur les MC et de créer une confusion qui règne encore aujourd’hui (rap, hip-hop ou les deux?). Un an plus tard, Grandmaster Flash forme l’un des groupes de hip-hop les plus influents de la première vague : The Furious Five. Les cinq furieux sont : Grandmaster Flash, bien sûr, mais aussi Melle Mel, Kidd Creole, Cowboy, Raheim et Mr. Ness. Malgré le succès de ce groupe, c’est Sugarhill Gang qui réussit à pondre ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier succès hip-hop au monde : Rapper’s Delight. Celui-ci a atteint la 36e position du Billboard.

 

(Lire l’article complet dans l’édition #158 septembre/octobre 2018 – www.boutiquesummum.com)

SUGGESTIONS

Évidemment, il est difficile, voire impossible, de résumer toutes les facettes des débuts de l’histoire du hip-hop en seulement quelques titres. Cependant, nos sélections contiennent des albums classiques ainsi que certains disques un brin moins connus qui représentent, selon nous, une excellente porte d’entrée dans le merveilleux monde du rap pour les néophytes. Les connaisseurs pourront également y trouver leur compte en replongeant dans l’écoute d’œuvres qu’ils ont peut-être oubliées. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Kurtis Blow - Kurtis Blow (1980)

Genre : hip-hop

Premier véritable succès commercial de l’histoire du hip-hop, Kurtis Blow est un album incontournable qui a influencé bon nombre de groupes qui obtinrent un succès encore plus considérable au cours des décennies suivantes. Il est le précurseur indéniable de RUN-DMC, tant du point de vue des textes que de la musique.

Sur repeat : The Breaks, Hard Times, Way Out West

Gil Scott-Heron – The Revolution Will Not Be Televised (1974)

Genres: funk, soul, jazz

Cette compilation fort bien foutue est en fait un tour d’horizon des premières œuvres du poète-jazzman-chanteur soul-protorapper originaire de Chicago. On y retrouve les plus grandes pièces de cet artiste inclassable et très important qui nous a malheureusement quittés en 2011. La musique de Scott-Heron est essentielle et a servi d’influence majeure pour toute la première vague d’artistes hip-hop de la fin des années 70. Essentiel!

Sur repeat : The Revolution Will Not Be Televised, No Knock, Save the Children

 

(Plus de suggestions dans l’édition #158 septembre/octobre 2018 – www.boutiquesummum.com)

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