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DES SPORTS QUI N’EN SONT PAS

Chroniqueur Michel Bouchard
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10 « disciplines » qui ne méritent pas leur statut de sport

Sport : « Activité physique visant à améliorer sa condition physique. Ensemble des exercices physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs, donnant généralement lieu à une compétition, pratiqués en observant certaines règles précises. »

C’est en ces termes vagues et imprécis que le Larousse explique ce qu’est le sport et cette définition évasive permet d’y inclure bon nombre de jeux et d’activités qui n’ont absolument rien de sportif.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on dénombre plus de 250 disciplines sportives connues et répertoriées. Au sein de cette longue liste, on peut y trouver des sports bien connus et couramment pratiqués ici au Québec. Des disciplines comme le hockey, le basketball, le soccer, le tennis, le football, le décathlon ou le lancer du nain dans le Jell-O requièrent un effort physique d’une certaine ampleur. Ce n’est toutefois pas le cas en ce qui concerne toutes les disciplines répertoriées sous l’onglet « sports » au sein de la liste en question…

10- Le sumo

Le sumo est bel et bien catégorisé comme étant une discipline sportive au même titre que le triathlon, l’aviron, le water-polo et le rugby. Trouvez l’erreur! On dit que le sumo moyen est… en fait, le sumo est rarement qualifiable de moyen, il est plutôt gros, très gros. Pour prendre part à un combat, un lutteur doit porter un mashawi, qui est un vêtement traditionnel ressemblant beaucoup à une couche-culotte. Un sport où on peut porter une couche, ça ne tient pas tout à fait la route. Qui plus est, les cheveux d’un lutteur sumo doivent être lustrés à l’huile et il doit arborer un joli chignon, un peu comme en gymnastique, mais avec un tantinet moins de grâce et beaucoup plus de graisse. On dit qu’un poids idéal pour être sumo est d’environ 150 kilogrammes, ce qui permet d’allier équilibre et souplesse… Tout bien réfléchi, qui n’est pas au fait de la souplesse légendaire des gens de 330 livres? Les divisions de poids sont également incongrues en lutte sumo, puisqu’un combattant de 72 kilos peut être appelé à faire face à un adversaire de 275 kilos… L’objectif d’un duel est de sortir l’autre d’un cercle défini au sol. Le sumo existerait depuis 1500 ans, soit beaucoup de fois l’espérance de vie d’un lutteur qui le pratique.

9- La balle donnée

La balle donnée est un jeu généralement pratiqué par les gens qui fréquentent les campings et par des gars trop gras qui ont les genoux trop amochés pour jouer au hockey. On le sait, les règlements de la balle molle ont été empruntés de ceux du baseball et ont été modifiés afin d’en minimiser l’effort et les déplacements. On a donc rapproché les buts, la clôture et le monticule… Aussi incroyable que cela puisse paraître, les règles qui régissent la balle donnée se veulent une version encore plus lente et statique que ce qui a préséance à la balle molle. Bref, on a utilisé une version édulcorée de ce qui était déjà à la limite de pouvoir être qualifié d’activité physique.

En fait, on pourrait avancer que la balle donnée est l’équivalent, sportivement parlant, de marcher du sofa jusqu’au frigo 12 fois en une heure, tout en prenant soin de prendre une bière au passage à chaque tranche de 15 minutes.

Durant une partie complète de sept manches, s’il ne s’endort pas dans le gazon du champ droit, un joueur peut passer deux heures sur le terrain sans même avoir à courir, lancer, s’élancer, frapper ou attraper la balle, ce qui ne l’empêchera pas de cocher « deux fois par semaine » dans la case des activités physiques sur son bilan de santé en tenant compte de l’effort déployé pour faire des high five à ses chums avant la bière traditionnelle d’après-match. Si ça, ce n’est pas de la mauvaise foi…

8- La pétanque

À l’instar de la balle donnée, on pourrait avancer qu’au Québec, la pétanque est un sport pratiqué majoritairement par les gens de camping et aussi par les vieillards à la retraite. Dans les faits, très peu de sports sont réellement mixtes, mais la pétanque en est un, puisque les femmes et les hommes peuvent s’affronter sans distinction de genre. En revanche, le sexe importe peu quand vient le temps de lancer une boule en acier inoxydable d’environ une livre sur une bille en bois rouge à 14 pieds de distance… Un enfant de quatre ans y arrive sans trop de problèmes. Pour se convaincre que la pétanque est un sport, on a instauré des règlements en ce qui concerne les boules : on a limité les matériaux utilisés pour les fabriquer, on a règlementé le poids, la dureté et la fermeté des boules… En vain. Un sport où on peut jouer une partie au complet sans lâcher sa neuvième bière de l’avant-midi et gagner quand même n’est pas un sport, c’est un divertissement poche, tout au plus.

7- Le golf

Il fallait évidemment nommer le golf dans un palmarès où on recense des sports qui n’en sont pas vraiment. Disons-le une bonne fois pour toutes, le golf cadre pas mal mieux dans la catégorie « jeu d’adresse » ou dans la catégorie « marche de santé » que dans la catégorie « sport ». Le golf est une activité qui requiert beaucoup de concentration et de calcul sommaire. Celui qui le pratique doit visualiser ses coups, calculer les distances et évaluer le terrain. À bien y penser, les amants de ce jeu mettent énormément d’efforts pour procéder à tous ces raisonnements, tellement qu’ils en oublient généralement leur nombre de coups. C’est pour cela qu’ils arrondissent sur leur carte de pointage. Le golf est une activité où la plupart des joueurs se mentent. Un foursome dure au moins quatre heures et la plupart des golfeurs effectuent leurs déplacements à bord d’un kart. En jouant le par, un golfeur aura à heurter la balle avec son bâton 72 fois au fil des 18 trous, soit l’équivalent, au niveau de l’effort physique, d’effectuer 31 sauts à la corde à danser, ce qu’une fillette d’âge primaire arrive à faire une quinzaine de fois à toutes les périodes de récréation, à la différence que le golfeur ne reste pas dehors quand il pleut, lui. En somme, plus le golfeur est mauvais et plus il doit faire de coups, ce qui signifie que les piètres joueurs font davantage d’exercice physique que ceux qui excellent…

6- Les sports équestres

Comme disait l’autre : « trot, c’est trot! » L’équitation fait partie des disciplines officielles des Jeux olympiques depuis plus de 100 ans et c’est la seule compétition réellement mixte à y être présentée. En fait, on peut affirmer que ce sport est bien en selle. Quand on y pense un peu, le sexe de la personne qui monte le cheval n’importe pas vraiment, puisque c’est l’animal qui fait la majeure partie des efforts au niveau athlétique. Qu’on parle de saut d’obstacles, de dressage ou de concours complet, c’est le cheval qui fait le gros de la job, pas la personne assise dessus. Si le Comité international olympique voulait un sport équestre où le cavalier fait autant d’efforts que le cheval, c’est vers le rodéo qu’on se serait tourné, ou le polo, mais pas vers les concours équestres.

5- La pêche

Pour s’assurer que ce soit considéré comme étant vraiment un sport, on a accolé au mot pêche, le terme « sportive », mais ce n’est là que de la poudre aux yeux, une illusion, une vaste fumisterie. La pêche est vraiment sportive lorsqu’on doit portager son canot et son attirail à travers les arbres tissés serrés sur une distance de huit kilomètres, en montagne, les pieds trempés et la sueur dégoulinante plein le dos… Toutefois, le pêcheur de compétition qui recule son 35 pieds dans le fleuve Saint-Laurent et qui pêche pendant toute une journée, habillé en blanc et en sort immaculé, sans même se tacher d’un peu de jus de ver de terre, ne pratique pas un sport à proprement dit. Il brûle du gaz, il « flashe » avec son gros bateau, il tente de comprendre ce qu’il y a sous l’eau sur l’écran de son sonar dernier cri, mais il ne fait pas de sport.

4- Les échecs

Quand le plus gros effort physique requis dans un sport c’est de donner un coup de poing sur le piton « off » d’une minuterie en plastique, on peut dire que ce n’est pas avec cette activité qu’un athlète va garder la forme. C’est pourtant le seul effort physique requis aux échecs, alors que le participant n’a pas à faire preuve d’une quelconque adresse physique et ne nécessite aucunement de capacités athlétiques… L’effort mental à lui seul ne peut tout de même pas être qualifiable de sport, ce serait pousser la définition dans ses derniers retranchements. À proprement dit, aller promener son chien pour lui faire faire son petit numéro deux du matin tient davantage de l’activité physique que les échecs. Contrairement au hockey, les blessures infligées aux joueurs d’échecs se limitent impérativement au haut du corps.

3- L’apnée

Si on analyse sa définition et son exécution « en profondeur », la descente en apnée est la discipline où il faut bouger le moins possible pour exceller… En fait, le plongeur de profondeurs en apnée doit maîtriser sa respiration, son activité musculaire et son rythme cardiaque à un point tel que le corps se met littéralement au neutre, le temps d’une descente. Bien qu’il faut afficher une forme physique exemplaire pour pratiquer cette discipline, l’idée d’effectuer le moins de mouvements possible va totalement à l’encontre de ce que devrait être un sport.

2- L’aéromodélisme

Si vous pensez que l’aéromodélisme n’est pas un sport, mais bien l’affaire d’une bande de nerds qui s’amusent avec des avions téléguidés à essence qui font beaucoup de bruit, détrompez-vous. Ou pas. L’aéromodélisme est aujourd’hui considéré comme étant un sport. On imagine donc qu’il doit en falloir des heures et des heures de conditionnement physique pour arriver à tenir la télécommande droite et faire voler son jouet correctement… Au grand désarroi de ceux qui pratiquent cette activité, ce n’est pas parce qu’un loisir est difficile qu’il est automatiquement un sport. Après tout, c’est très difficile de réussir un soufflé au chocolat, ce n’est pas un sport pour autant.

1- Le bridge

Aussi invraisemblable et ridicule que cela puisse avoir l’air, le bridge est considéré comme une discipline sportive. Oui, le même bridge que nos arrières grands-parents pratiquaient en quatuor avec le Kleenex dans la manche et un pot de menthes blanches, vertes et roses posé sur la table, entre les cendriers et les verres de gros gin qui pue. En réalité, le bridge, à l’image des échecs, est catégorisé comme discipline faisant partie des sports cérébraux, comme si ça existait… Un sport cérébral, c’est une définition à valeur ajoutée pour les paresseux. En vue des Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, au Japon, on a mis le bridge en candidature pour en faire une discipline officielle. On l’a aussi fait pour le surf, les fléchettes, le football de plage, le karaté, le bowling… Mais de là à nommer un médaillé olympique en… bridge, c’est à la limite de l’acceptable. Il est difficile d’imaginer un champion olympique de 82 ans! Dire que pendant ce temps, la candidature du squash a été refusée… Allez comprendre. Par ailleurs, comme c’est le cas chez les sumos, les joueurs de bridge peuvent aussi porter le chignon et la couche-culotte, mais ce n’est pas un règlement obligatoire…

(Article publié dans l’édition #143 décembre/janvier 2017 – www.boutiquesummum.com)

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